Moody's inflige à Londres la perte de son triple A

le 25/02/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'agence de notation s'inquiète de la trajectoire de la dette publique. Sa décision accroît la pression sur le gouvernement de coalition

Un camouflet pour George Osborne. La perte du triple du triple A britannique infligée vendredi par Moody’s doit avoir un goût amer pour le ministre des Finances qui avait fait du maintien de ce symbole le test de sa politique économique.

L’agence de notation dégrade d’un cran la note de la Grande-Bretagne, la ramenant de Aaa à Aa1, tout en portant la perspective de négative à stable. Sur fond de croissance atone, le fardeau de la dette qui devrait encore s’alourdir ne permettra pas au gouvernement d’enrayer la détérioration des comptes publics avant 2016, souligne Moody’s. S&P et Fitch ont de leur côté placé la note britannique sous surveillance en vue d’un abaissement éventuel.

George Osborne est monté sans attendre au créneau pour défendre son action. «Nous avons eu une piqure de rappel ce week-end au sujet de la plus importante vérité concernant notre économie. La Grande-Bretagne a un problème de dette qui s’est accumulée depuis de nombreuses années et il nous faut le régler. Loin d’affaiblir notre détermination à accomplir notre plan de reprise économique, cette décision de notation la redouble», écrit-il dans une tribune publiée dimanche par le Sun.

Ses détracteurs s’en donnent à cœur joie, fustigeant la «pire relance de ces 100 dernières années» et une «humiliation». «Le médicament ne fonctionne pas, alors le Chancelier de l’Echiquier dit qu’il faut augmenter les doses : c’est une politique économique folle», s’alarme Ed Balls, membre du Labour et chancelier du cabinet fantôme. Et ce dernier d’appeler à prendre des mesures d’urgence pour relancer la croissance.

Aux yeux des investisseurs, la dégradation ne constitue pas une surprise. «L’impact sur les Gilts sera limité de la même manière que les dégradations ont eu un impact limité sur les Etats-Unis et la France», estime Shahid Ikram, responsable des souverains chez Aviva Investors. Il ajoute que le renforcement éventuel de l’assouplissement quantitatif mené par la Banque d’Angleterre aura un poids plus important que cette décision.

Sur le marché des changes, la nouvelle devrait accroître la pression baissière sur la livre sterling. A l’annonce de la dégradation vendredi, la devise est descendue à 1,5163 dollar lors de la dernière demi-heure de négociation à New-York. HSBC la voit ainsi céder du terrain jusqu’à 1,50 dollar.

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