Le parlement irlandais approuve la liquidation d'Anglo Irish

le 07/02/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le texte adopté dans la nuit permettrait au pays d'éviter de débourser les 3,1 milliards d'euros par an prévus pour la banque jusqu'en 2023

Le gouvernement irlandais a fait adopter en urgence par le parlement un projet de loi visant à liquider Anglo Irish Bank dans le cadre d'un accord qu'il espère conclure avec la Banque centrale européenne (BCE) visant à alléger le fardeau de son endettement bancaire. Le Premier ministre Enda Kenny avait mis en jeu la crédibilité de son gouvernement sur ce nouveau plan visant à réduire la charge que représente la banque depuis son sauvetage en 2008. «Cela met fin à un chapitre triste et tragique de l'histoire de notre économie», a-t-il commenté devant les élus ayant soutenu le texte par 113 voix contre 36.

Patrick Honohan, gouverneur de la banque centrale irlandaise, a proposé mercredi une nouvelle solution à ses pairs lors d'une réunion organisée dans la soirée. Selon les termes de ce projet, Anglo Irish, désormais renommée, IBRC, sera liquidée si bien que le gouvernement irlandais ne sera plus tenu d'effectuer le versement annuel de 3,1 milliards d'euros prévu dans le plan d'aide, d'un montant initial de 28 milliards d'euros, à travers des instruments connus sous le nom de promissory notes. Dublin cherche en effet à éviter de débourser chaque année ces 3,1 milliards jusqu’en 2023.

Le nouveau plan prévoit que le gros du bilan d’IBRC soit absorbé par la banque centrale irlandaise à l’occasion de la liquidation de la structure. Celle-ci prendrait en fait possession du collatéral qu’elle a exigé pour abreuver la banque de 40 milliards d’euros de liquidités. Parmi ces actifs, figurerait une obligation à long terme émise par l’Etat irlandais et destinée à remplacer les promissory notes existantes. Sa maturité élevée permettrait au pays d’étaler les paiements dans le temps.

Dublin voulait à l’origine que sa banque centrale détienne cette obligation pour au moins 15 ans. Le conseil des gouverneurs de la BCE l’a mise en garde en considérant qu’une telle échéance équivaudrait à une monétisation de dette de la part de la banque centrale.

Un accord de la BCE constituerait une deuxième bonne nouvelle cette année pour Dublin après le retour partiel sur le marché du pays. Le plan d’aide international de novembre 2010 prévoit que l’Irlande aille lever 10 milliards d’euros cette année auprès des investisseurs. Le Trésor irlandais a déjà fait le quart du chemin en levant le 8 janvier pour 2,5 milliards d’euros de dette d’échéance 2017. Seules des émissions sur des échéances plus longues signeraient un retour complet de l’émetteur souverain sur les marchés obligataires.

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