La force du dollar australien inquiète ses partenaires commerciaux

le 14/12/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si l’OCDE préconise de nouvelles baisses de taux, la RBA est sous pression de partenaires privilégiant une intervention sur le marché des changes

Dans un rapport publié ce matin, l’OCDE incite la Banque centrale australienne, la RBA, à baisser ses taux pour enrayer la hausse du dollar australien (AUD). «La conduite de la politique monétaire doit tenir compte de la pression qui s’exerce sur sa devise. Une moindre sensibilité de la devise à la chute du prix des matières premières pourrait nécessiter de nouvelles baisses de taux pour soutenir la demande» explique ainsi l’institution.

La RBA a durci son discours contre la force de sa devise qui bénéficie d'un différentiel de taux favorable face aux pays lancés dans des politiques de taux zéro et d'assouplissement quantitatifs, et de sa qualité de crédit, solidement ancrée en zone AAA. « La vigueur de l’AUD qui découle du boom du secteur minier impose à l’économie des changements structurels considérables», estime l’OCDE. Malgré la baisse des taux directeurs, la devise, à 1,0532 contre le billet vert, est en hausse de 10% depuis début juin et s'approche du niveau de 1,08 atteint en début d'année. L’OCDE prévoit une croissance de 3,75% cette année et 3% en 2013 et 2014.

Dans ce contexte, l'importance prise par le dollar australien est telle que le FMI envisage de lui réserver, ainsi qu'au dollar canadien, un statut particulier égal à celui des cinq grandes devises (dollar, euro, livre, yen et franc suisse) dans ses analyses trimestrielles des réserves de change. Jusqu'à présent, elle était noyée dans la catégorie des «autres devises». Les inquiétudes suscitées par ce renforcement ont motivé la dernière baisse de taux de la RBA, alors que la croissance reste très dépendante de la demande extérieure, notamment chinoise, et qu'elle souffre d'une baisse des prix des matières premières qui n'est pas compensée par un affaiblissement équivalent de sa devise.

Pourtant, selon l’AFR, la RBA subirait d’intenses pressions de la part des banques centrales partenaires pour privilégier une intervention sur le marché des changes plutôt que la baisse des taux directeurs, qui entraîne, selon elles, une distorsion du marché des actifs locaux et un excès de création de crédits. «Un processus difficile à renverser» et qui incite les banques centrales à hausser le ton sans pour autant prendre de mesures concrètes, alerte Citigroup. Les investisseurs bénéficieraient ainsi d'une manne d'actifs en dollars australiens pour diversifier leur portefeuille et cèderaient en contrepartie des dollars, des euros ou des yens. En revanche, l'opération semble moins avantageuse pour la RBA, qui obtiendrait « en échange de ses AUD un panier de devises en chute libre », estime Citigroup.

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