La contraction du PIB japonais accentue la pression sur la BoJ

le 12/11/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le commerce extérieur a chuté de 5% sur le trimestre achevé fin septembre, comptant pour 0,7 point dans la contraction du PIB japonais de 0,9%

L’économie japonaise retombe dans le rouge. Après avoir goûté à deux trimestres consécutifs de croissance, le Japon voit son activité se contracter de 3,5% en rythme annuel au troisième trimestre, selon les chiffres publiés ce matin. La consommation privée, qui représente environ 60% de l'économie japonaise, a quant à elle reculé de 0,5% d’un trimestre sur l’autre suite à la fin des primes au secteur automobile, alors que les investissements en capitaux ont accusé une chute de 3,2%, la plus importante depuis le deuxième trimestre 2009.

Handicapée par la force du yen, le commerce extérieur, en chute de 5%, compte pour 0,7 point dans la contraction du PIB de 0,9% par rapport au trimestre précédent. Moody’s avait déjà alerté dans sa dernière publication concernant l’économie japonaise sur sa forte dépendance au commerce extérieur. Une béquille sans laquelle le pays pourrait ne pas être en mesure de contenir son déficit budgétaire. A 980 milliards de yens, la balance commerciale a accusé son plus large déficit au mois de septembre depuis l’année 1993, alors que l’excédent des comptes courants est tombé à 2.720 milliards, son plus faible niveau depuis 1985.

«Cela prendra du temps à l’économie japonaise pour retrouver un sentier de croissance stable, compte tenu du faible rebond de la croissance mondiale et de l’érosion des relations commerciales avec la Chine» estime Hiroshi Shiraishi, économiste chez BNP Paribas. Les chiffres de croissance du trimestre achevé fin juin ont été révisés à la baisse à 0,7%, deux fois moins que sa première estimation de 1,4%. Et le consensus Bloomberg table sur une nouvelle contraction du PIB de 0,4% en rythme annuel sur le trimestre allant d’octobre à fin décembre, ce qui plongerait le pays dans sa troisième récession technique depuis le début de la crise de 2008.

«Compte tenu de la faiblesse des chiffres de croissance, je n’ai aucun doute sur le fait que la BoJ restera sous intense pression politique pour prendre de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire» estime Hiroshi Shiraishi. Le gouverneur de la BoJ n’a d’ailleurs pas tardé à réagir après l’annonce des chiffres en réaffirmant sa volonté de poursuivre sa politique volontariste d’assouplissement monétaire qui «a déjà eu des effets sur le yen en tirant les taux d’intérêts à la baisse». Le rendement des obligations à 10 ans restait stable ce matin à 0,73%, proche de son plus bas de neuf ans de 0,72% atteint en juillet dernier.

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