«L'urgence est à l'activation du programme d'achats de dette de la BCE»

le 22/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sébastien Ribeau, responsable de la gestion monétaire chez Lazard Frères Gestion

- L'Agefi : Comment jugez-vous l’action de la BCE ?

- Sébastien Ribeau : En l’absence d’une gouvernance européenne unie et efficace, l’action de la Banque centrale européenne a nécessairement dû dépasser le strict cadre de la politique monétaire et de la surveillance de l’inflation. La BCE ne s’est ainsi pas limitée à ramener les taux directeurs à un niveau très proche de 0%. Elle a également prêté massivement aux banques (1.200 milliards d'euros), acheté des titres sur le marché (279 milliards d'euros), et exercé une pression politique sur les exécutifs nationaux et européens pour qu’ils mettent en place des solutions pérennes de financement des Etats en difficulté (Fonds européen de stabilité financière puis Mécanisme européen de stabilité). En échange, elle propose son aide pour stabiliser la dette souveraine dans le cadre de son programme de rachat (OMT). Elle s’apprête de plus à chapeauter la supervision des banques européennes.

- Anticipez-vous une nouvelle baisse des taux d’ici à la fin de l’année ?

- Le Conseil des gouverneurs semble réticent à abaisser le taux des dépôts en territoire négatif. Le marché en a d’ailleurs pris conscience et a corrigé ses anticipations : la courbe Swap Eonia est désormais plate (autour de 0,09%) après le redressement de la partie 6-12 mois et les taux Euribor ont freiné leur correction (l’Euribor 3 mois fixe à 0,205%). La probabilité que le taux refi soit abaissé de 25 points de base à 0,50% d’ici à la fin de l’année n’est pas négligeable mais cela ne constitue pas notre scénario principal. L’urgence n’est pas là mais à l’activation de l’OMT qui suivra, dans un premier temps, la demande d’aide de l’Espagne sous la forme d’une ligne de crédit préventive.

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