L'Espagne écarte le risque de ventes forcées sur sa dette

le 18/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le maintien par Moody's de la note du pays en catégorie investissement évite des flux vendeurs de la part de fonds indiciels

L'Espagne bénéficie du coup de pouce de Moody's. Photo: Bloomberg

Une fois n’est pas coutume, l’Espagne peut remercier Moody’s. Les taux espagnols se sont détendus hier de plus de 30 points de base sur l'ensemble de la partie 2-10 ans de la courbe (avec un rendement à 10 ans à 5,45%) après le maintien, mardi soir, de la note du pays à Baa3 avec une perspective négative. Un certain nombre d’observateurs s’attendaient à ce que l’agence américaine dégrade l’Espagne en catégorie spéculative. «En lisant entre les lignes, l’annonce suggère que Moody’s envisage une stabilité de la note espagnole dans les 12 à 18 mois», estimaient hier les économistes de Citigroup.

«L’entrée dans un programme préventif du Mécanisme européen de stabilité ne conduirait pas en elle-même à une dégradation, aussi longtemps que l’agence estime que le gouvernement devrait garder un accès au marché de capitaux privé », relève Moody’s. Madrid et ses partenaires semblent privilégier la mise en place par le MES d’une ligne de crédit de précaution (ECCL), qui permettrait à la BCE d’activer son programme de rachats de titres sur le marché secondaire.

L’Espagne s’évite donc pour le moment une plongée dans la catégorie spéculative. Déjà dégradé à BBB- par S&P la semaine dernière, au dernier cran de la catégorie investissement, le pays aurait pu sortir de certains indices obligataires qui excluent les titres «junk». Les fonds indexés sur le World Government Bond Index (WGBI), par exemple, détiennent entre 45 et 65 milliards d’euros de Bonos, selon Citi. «Le risque de vente forcée d’emprunts d’Etat espagnols recule», reconnaît Harvinder Sian, stratégiste taux de RBS, qui tablait sur une dégradation.

Les grandes entreprises espagnoles peuvent aussi souffler. La note des banques et des corporates, notamment les utilities, est liée à celle du souverain, même si les agences leur accordent le bénéfice d’un ou deux crans supplémentaires.

Les investisseurs pouvaient craindre qu’un certain nombre de ces signatures ne suivent l’Etat en catégorie spéculative. Ce qui aurait des répercussions majeures sur le marché européen du high yield. Les entreprises non financières espagnoles aujourd’hui notées investment grade ont émis 75 milliards d’euros d’obligations. Un montant qui représente 37% de l’encours total de la dette high yield en Europe, rappellent les stratégistes crédit de Bank of America.

A lire aussi