La Grèce et ses créanciers internationaux s'apprêtent à boucler leurs discussions

le 18/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Un accord sur une majeure partie des mesures réclamées par la Troïka a été trouvé, ouvrant la voie au versement de la prochaine tranche d'aide

L'objectif visé n'a pas été atteint. Le gouvernement grec et les créanciers internationaux réunis au sein de la Troïka (FMI, BCE, Commission européenne) n'ont pas été en mesure de sceller un accord définitif sur un nouveau train d'austérité de 13,5 milliards d'euros pour le Conseil européen de Bruxelles. Mais ils ont néanmoins pu faire état de nets progrès dans leurs discussions.

«Nous sommes en total accord sur presque toutes les questions... Ce qui reste à atteindre est un compromis sur les réformes du marché du travail et de la fonction publique, puis nous devrons finaliser les mesures portant sur la réforme des marchés des produits et des services afin de tirer les prix vers le bas», a déclaré le ministre des Finances grec, Yannis Stournaras, cité par le Financial Times.

Cette réforme du marché du travail exigée par la «Troïka» a constitué un point de blocage, certains membres de la coalition gouvernementale dirigée par le Premier ministre Antonis Samaras exprimant leur mécontentement. Le ministre du Travail Giannis Vroutsis a lui même bataillé contre la réduction des indemnités de licenciement et le gel du salaire minimum évoqués par la Troïka. Yannis Stournaras a toutefois calmé le jeu en soulignant que cette proposition sur les salaires était d'une certaine manière déjà couverte par une loi votée cette année, qui interdit le retour à des hausses de salaire automatiques tant que le taux de chômage ne sera pas revenu sous les 10%.

Evangelos Venizelos, membre du Pasok et ancien ministre des Finances, a indiqué qu'il n'accepterait pas de modifications supplémentaires de la législation sur le travail. «De nouvelles interventions sur le marché du travail n'aideront pas la productivité, la compétitivité et l'emploi», a-t-il déclaré sur Net TV, ajoutant que certains Etats européens étaient en train «de jouer avec le feu» en insistant sur ce point.

S'il n'a pas pu obtenir de finalisation des discussions, Antonis Samaras se rend néanmoins au Conseil européen avec des avancées à faire valoir. Il devrait y demander une prolongation de deux ans, jusqu'en 2016, pour boucler le programme de réformes budgétaires et structurelles. Une fois l'accord définitif de la Troïka obtenu, probablement la semaine prochaine, Athènes pourra prétendre au versement d'une nouvelle tranche d'aide de 31,5 milliards d'euros.

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