La politique de taux négatifs au Danemark pèse sur le secteur bancaire

le 17/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le régulateur danois la FSA met en garde contre les conséquences néfastes pour les banques de la politique de taux de dépôt négatifs

L’autorité des marchés danoise, la FSA, tire la sonnette d’alarme à propos de la santé financière des banques du pays fragilisées par la politique de taux négatifs. Début juillet, la banque centrale danoise a en effet annoncé une baisse de 0,25 point à 0,20% de son principal taux directeur, doublé d’une réduction de 0,25 point du taux de certificat de dépôt à -0,20%, le taux de dépôt devenant négatif pour la première fois.

L’objectif de la manœuvre consistait d’une part à stimuler l’économie et d’autre part à permettre de maintenir la stabilité de la couronne danoise face à l’euro. Trois mois après l’entrée en vigueur de ces mesures, le régulateur danois met en garde contre le surcoût que cela implique pour le secteur financier alors qu'il est déjà confronté à la crise de l’immobilier, au ralentissement économique, et à la nécessité de renforcer ses capitaux.

En août, les dépôts auprès des banques et des spécialistes du crédit immobilier ont augmenté de 5,2% sur un an pour atteindre un niveau record de 820 milliards de couronnes danoise soit 110 milliards d’euros, selon la banque centrale danoise. La concurrence entre les banques pour accroître leurs dépôts est devenue «trop coûteuse pour être une solution de long terme», a déclaré à Bloomberg Anders Balling, un représentant de la FSA. «Pour que cela soit supportable sur la durée, il faudrait que les banques affichent des profits récurrents suffisants. Nous avons un certain nombre de banques qui ont de faibles profits», déplore-t-il.

Pour les analystes de Citi, les taux d’intérêt négatifs pèsent sur le secteur bancaire qui a tenté pendant la crise d’être moins dépendant des marchés et de reposer davantage sur le financement par les dépôts, afin de faire face à un cadre réglementaire plus strict.

Début avril, la FSA a aussi durci les règles relatives au provisionnement. Dans la foulée, les dépréciations dans le secteur bancaire ont bondi de 50% au premier semestre 2012 à 13,5 milliards de couronnes sur un an.

Sur la période, les profits des banques avant impôt ont chuté de 34% à 4,2 milliards de couronnes. Dans ce contexte Danske Bank, la première banque du pays est sous pression maximale en matière de résultats, souligne un analyste de Nykredit, cité par Bloomberg. Les banques pourraient être tentées de reporter le surcoût lié à la politique de taux négatifs sur les clients, a déjà prévenu l’association des banques locales danoises.

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