Lisbonne confirme un renforcement important de la pression fiscale

le 16/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le gouvernement portugais a accru le poids de l'austérité dans son projet de budget pour 2013, rejetant tout aménagement du plan d'aide

Lors d'une conférence de presse hier soir, le ministre des Finances portugais Vitor Gaspar a livré un discours empreint de gravité. «Il n'y a pas de marge de manœuvre... Demander plus de temps (dans le cadre du plan de sauvetage européen) nous conduirait à une dictature de la dette et à l'échec», a-t-il prévenu en présentant le projet de budget pour 2013 après l'avoir remis au Parlement. «Le budget de l'Etat pour 2013 est difficile pour les Portugais», a reconnu Vitor Gaspar.

Celui-ci inclut, comme prévu, des hausses d'impôts «très significatives» qui toucheront en priorité les classes moyennes. Les contribuables gagant entre 7.000 et 20.000 euros de revenus annuels verrront leur taux d'imposition passer de 24,5% à 28,5%. Ceux déclarant plus de 41.000 euros par an seront pour leur part taxés à hauteur de 45%, contre 35,5% actuellement. Et le taux maximal de 46,5%, qui ne concernait jusqu'à alors ceux dont le revenu dépassait 153.300 euros par ans, montera à 48% pour un seuil abaissé à 80.000 euros. A ce taux maximal s'ajoutera une taxe de «solidarité sociale» de 2,5%. Enfin, une contribution exceptionnelle de 4% sera prélevée sur tous les revenus au titre de 2013 et les revenus du capital seront davantage imposés. Le parti socialiste, dans l'opposition, a dénoncé une «bombe atomique fiscale». 

Ces mesures d'austérité, qui comprennent également des suppressions de postes de fonctionnaires et une baisse des prestations sociales et des retraites, représentent 3,2% du PIB, ce qui doit permettre, selon Vitor Gaspar, d'atteindre l'objectif de déficit de 4,5% du PIB. Le projet de budget table sur une récession de 1% l'an prochain après une contraction de 3% attendue cette année.

Ce nouveau tour de vis du gouvernement de centre-droit devrait attiser encore un peu plus la défiance à l'égard de la Troïka (BCE, CE, FMI), tenue pour responsable de cette austérité accrue. «Remettre en cause le budget serait remettre en cause le programme d'aide», a toutefois averti le ministre des Finances.

Alors que les manifestations se sont multipliées depuis un mois, le principal syndicat du pays, la Confédération générale des travailleurs portugais, a lancé un appel à la grève générale pour le 14 novembre prochain.

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