«La possible dégradation de la dette espagnole par Moody's devrait peser sur l'euro»

le 15/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Nordine Naam, stratégiste taux et change chez Natixis

- L'Agefi: Pourquoi pariez-vous sur un recul de l'euro/dollar à 1,23 à six mois ?

- Nordine Naam: En dépit de la création du programme d’achat de dettes par la BCE (OMT), l’euro/dollar devrait finir par rechuter dans les prochains mois lorsque le marché se rendra compte que l’OMT ne résout pas les problèmes structurels des économies périphériques et que les déficits publics seront toujours aussi importants dans les pays les plus fragiles sur fond de récession. De ce fait, la probabilité d’une dégradation supplémentaire de la dette espagnole par les agences de notation notamment par Moody’s n’est pas négligeable, ce qui devrait peser sur l’euro d’autant que le marché est redevenu quasi neutre sur la monnaie unique. De son côté, le dollar restera soutenu par la stabilisation de l’activité économique américaine et l’aversion pour le risque résultant de la forte décélération de la croissance mondiale, un facteur négatif pour les actifs risqués et favorable au billet vert, valeur refuge.

- Quelles sont les conséquences du statu quo monétaire de la Banque du Japon (BoJ) pour le yen ?

- Le statu quo de la BoJ n’a entraîné qu’une légère appréciation du yen, sachant que les autorités politiques ont annoncé qu’elles se tenaient prêtes à réagir contre une hausse excessive du yen. La BoJ semble plus négative sur les perspectives économiques, ce qui suggère qu’un assouplissement monétaire, sous la forme d’une nouvelle augmentation des achats de titres d'Etat et d’actifs risqués, est fort probable le 30 octobre prochain. Dans ce contexte, le dollar/yen devrait rester autour de 78 dans les prochaines semaines, mais la tendance de fond de la parité reste dépendante de l’aversion pour le risque.

panel change
ZOOM
panel change

A lire aussi