«Nous ne prévoyons pas d’évolution notable des taux allemands d’ici à 3 mois»

le 15/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Marie-Anne Allier, responsable gestion taux aggregate chez Amundi

- L'Agefi : Qu’avez-vous retenu de la dernière réunion de la Banque centrale européenne (BCE) ?

- Marie-Anne Allier : En premier, c’est que la politique de taux n’a pas été un sujet lors de la réunion de la BCE : la question n’y a même pas été abordée! En second, c’est que la BCE estime avoir fait tout ce qui était en son pouvoir pour assurer le bon fonctionnement de la zone euro (il n’y a pas de plan B à son programme de rachat de dette OMT). La suite est maintenant dans les mains des gouvernements: que ce soit la demande d’aide qui déclenche l’OMT, l'ampleur de la conditionnalité, le niveau de taux approprié pour l’Espagne. Finalement cette dernière réunion a permis à Mario Draghi de préciser quelques détails, de décerner quelques bons points (Portugal et Espagne) mais a surtout remis le politique comme principal moteur de résolution de la crise actuelle.

- Comment voyez-vous évoluer les taux français et allemands dans les trois prochains mois ?

- Sauf surprise électorale américaine, nous ne voyons pas d’évolution notable des taux allemands d’ici à 3 mois. Même dans le cas où la BCE et le Mécanisme européen de stabilité (MES) se retrouvent à l’œuvre, il y a suffisamment de demande potentielle pour les obligations allemandes (ne serait-ce que pour satisfaire les eurosceptiques et surtout pour des problématiques de notation) pour que cela limite toute hausse significative des taux allemands. Les taux français sur 3 mois auraient alors toutes les chances de rester dans le sillage des allemands avec même une compression des spreads: la notation et la profondeur du marché français en font en effet une excellente alternative aux emprunts allemands… mais plus rémunératrice!

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