Les utilisateurs de dérivés pourraient manquer de collatéral

le 12/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Lors du Forum de la gestion d'actifs de L'Agefi, les professionnels se sont interrogés sur les impacts des régulations sur les dérivés

Lors du Forum de la gestion d’actifs organisé hier par L’Agefi, les représentants de l’industrie financière se sont montrés soucieux des nouvelles réglementations qui vont leur être imposées à partir de l’été 2013. Ces règles vont contraindre les gestionnaires de fonds alternatifs à rendre davantage de comptes et obliger ceux qui traitent des produits dérivés à trouver du collatéral de bonne qualité pour garantir leurs transactions.

Les standards techniques issus du règlement Emir sur les dérivés doivent être adoptés dans les prochains mois par la Commission. Ils encouragent la compensation des dérivés et demandent aux chambres de renforcer leurs fonds propres. Les autorités nationales devront présenter au régulateur européen des marchés, l’Esma, les produits qu’elles aimeraient voir soumis à l’obligation de compensation. Présent hier, Laurent Degabriel, responsable de la division investissement et reporting à l’Esma, a assuré que les contraintes de compensation deviendront effectives «avant l’été ou pendant l’été de l’année prochaine».

Aux dires de Florence Fontan, responsable des affaires publiques chez BNP Paribas Securities Services, les gérants risquent de manquer de collatéral. Les professionnels vont donc devoir user de techniques d’optimisation : privilégier le netting, mettre de côté le collatéral très liquide ou l’obtenir auprès de tiers pour satisfaire les contreparties les plus exigeantes.

En coulisses, Florence Fontan se dit particulièrement inquiète des propositions publiées par le Comité de Bâle et le régulateur international Iosco en juillet dernier sur les dérivés échangés de gré à gré (OTC) et non compensés. Selon elle, les régulateurs ne devraient pas rendre les appels de marges initiaux systématiques mais laisser les acteurs demander cette garantie supplémentaire s’ils jugent leur contrepartie risquée. A défaut de trouver assez d’actifs en garantie, les professionnels pourraient, selon elle, délaisser les dérivés OTC.

Les gérants alternatifs vont quant à eux devoir s’adapter à la directive AIFM qui prendra effet à partir de l’été prochain. Dans ce cas aussi, la Commission doit adopter des standards techniques. Son représentant, Frank Conrad, a expliqué que les obligations de reporting (notamment sur l’effet de levier) auraient une fréquence d’une fois par trimestre à une fois par an et seraient calibrées en fonction de la taille du fonds et du gestionnaire.

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