Les banques risquent de réduire leur bilan encore plus que prévu

le 11/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le FMI a revu ses prévisions d'avril. Les pays périphériques seront les premiers à souffrir d'une nouvelle baisse du levier

Deleveraging : pour le FMI, les banques devraient réduire leur bilan encore plus que prévu. Photo: PHB/Agefi

Les banques européennes vont réduire la taille de leur bilan plus drastiquement que prévu au printemps, assure le Fonds monétaire international (FMI) dans son rapport sur la stabilité financière mondiale tout juste publié. Les établissements financiers pourraient se séparer de 7,3% à 12% de leurs actifs d’ici à fin 2013. Cette révision est de mauvais augure pour la croissance économique des pays de l’Union.

En avril, le FMI estimait que 58 grandes banques européennes devraient réduire leur portefeuille d’actifs (à l’exclusion des actifs intangibles et des dérivés) de 2.000 à 3.800 milliards de dollars entre le troisième trimestre 2011 et la fin de l’année 2013.

Entre octobre 2011 et juin 2012, les banques ont déjà réduit leurs actifs de 600 milliards de dollars, soit 2% du total de leurs actifs. «Bien que le rythme de deleveraging ait ralenti au premier trimestre 2012 dans la foulée des opérations de refinancement à trois ans de la BCE (LTRO), l’augmentation de la fragmentation des marchés crée de nouvelles tensions particulièrement dans la périphérie de la zone euro», met en garde le fonds.

Aujourd’hui, l'institution considère que les établissements devraient réduire la taille de leur bilan de 2.800 milliards de dollars (soit 7,3% des actifs). Pour parvenir à ce résultat, ses économistes font l’hypothèse (scénario de base) que les pays européens vont créer l’union bancaire dans les temps, continuer les réformes entreprises et contenir l'augmentation des taux souverains, avec l’aide de la BCE.

Si les gouvernements poussaient encore plus loin en mettant en place un mécanisme de garantie des dépôts ou en prenant des mesures d’intégration budgétaire, la réduction du bilan pourrait être contenue à 2.300 milliards de dollars (6% des actifs).

En revanche, si les politiques européens n’arrivent pas à tenir leurs engagements, la baisse du levier (deleveraging) atteindrait 4.500 milliards (12% des actifs).

Cette révision est inquiétante pour la croissance. Dans le scénario de base du FMI, l’offre de crédit dans les pays périphériques devrait désormais baisser de 9%. Mais si les hypothèses plus pessimistes se réalisent, elle chuterait de près de 18%, ce qui réduirait le PIB de ces pays de 4 points par rapport aux projections de croissance du Fonds pour 2013.

Pour les pays de la zone les plus solides, la croissance pourrait être inférieure de 1,5 point par rapport au scénario central.

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