Louis Dreyfus cède sa coentreprise de trading sur produits énergétiques

le 04/10/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La cession de LDH Energy, filiale commune avec JPMorgan, permettra à Louis Dreyfus de financer son recentrage vers les matières agricoles

Les activités de trading sur matières premières changent de main. Alors que les sociétés de private-equity telle que Carlyle (lire page 11) se ruent sur le secteur, les établissements financiers cherchent quant à eux à s’en délester. Louis Dreyfus Group et Highbridge Capital Management, filiale de JPMorgan, ont ainsi annoncé ce matin s’être entendues pour céder le contrôle de leur coentreprise de trading sur produits énergétiques, Louis Dreyfus Highbridge Energy (« LDH Energy ») à un organisme de placement privé possédé par Glenn Dubin et un groupe d'investisseurs indépendants composé de Paul Tudor Jones, président de Highbridge, Timothy Barakett, ancien dirigeant du hedge fund Atticus Capital, et Paul Fribourg qui dirige Continental Grain.

Si le montant de la cession n’a pas été communiqué, le journal Natural Gas Intelligence classait LDH Energy comme le huitième plus gros groupe de trading sur gaz naturel aux Etats-Unis et dans les dix premiers du classement pour le secteur pétrolier. LDH Energy aurait dégagé entre 200 et 300 millions de résultat net en 2011 et la valorisation se situerait à hauteur de «plusieurs centaines de millions de dollars» selon le Financial Times.

Une cession qui devrait permettre au groupe Louis Dreyfus de financer ses ambitions dans le trading de produits agricoles vers lequel il souhaite se recentrer, avec 7 milliards de dollars d’investissements prévus dans les 5 prochaines années, soit 40% de plus que sur la période 2006-2011. « Tandis que nous concentrons nos efforts sur notre activité principale en tant que leader mondial à travers les principaux produits de base, nous nous réjouissons à la perspective de maintenir notre relation avec LDH Energy en tant qu'investisseur minoritaire» a ainsi indiqué Serge Schoen, directeur général du groupe Louis Dreyfus Commodities. Le mois dernier, LDC a réalisé son tout premier appel au marché avec le placement de 350 millions de dollars d'obligations perpétuelles subordonnées.

Parallèlement, le Financial Times rapporte que Morgan Stanley seraient en négociations avec le fonds souverain du Qatar (Qatar Investment Authority) pour lui céder une participation majoritaire dans sa filiale de matières premières spécialisée dans le trading sur le pétrole, le gaz et l’électricité. De quoi permettre aux traders de poursuivre leurs activités pour compte propre, bannies au sein des banques par les régulateurs.

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