L'émission de billets de trésorerie soulagerait les hôpitaux en mal de liquidités

le 28/09/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La loi de financement de la sécurité sociale pourrait le permettre alors que les établissements de santé se disent délaissés par les banques

Les gros hôpitaux pourraient bientôt émettre des billets de trésorerie. Selon Les Echos, cette disposition sera incluse dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale présenté lundi prochain. Elle serait accueillie avec soulagement par les établissements de santé qui ne cessent d’alerter sur leurs problèmes de financement.

Aujourd’hui, les hôpitaux peuvent seulement se financer à long terme. «C’est une anomalie qu’on souhaite depuis longtemps faire corriger», souligne Yves Gaubert, responsable du pôle Finances à la Fédération hospitalière de France (FHF), «les banques se sont beaucoup désengagées, globalement, et des lignes de trésorerie en particulier». Dexia est en déroute et la Banque Postale, censée prendre le relais, ne le fera pas avant 2013.

Quant aux autres banques, elles sont d’autant plus réticentes à prêter avec Bâle 3 que les hôpitaux ne peuvent pas leur laisser leurs fonds. Selon la FHF, cet été les hôpitaux manquaient de près de 1,3 milliard d’euros de financement à court terme et certains frôlaient la cessation de paiement. Heureusement, le gouvernement leur a donné une «bouffée d’oxygène» en avançant de quelques jours les versements dus par l’Assurance Maladie chaque mois.  

En émettant à court terme, les hôpitaux pourraient non seulement trouver les liquidités nécessaires mais aussi sans trop de frais. «Alors que les marges bancaires sur les lignes de trésorerie peuvent aller jusqu’à 350 points de base, l’avantage financier d’une émission de billets de trésorerie est incomparable, même si les établissements hospitaliers doivent payer une prime de risque», avance Matthieu Collette, responsable des études économiques et financières chez Finance Active.

Tous les hôpitaux ne profiteraient pas de cette manne. «Le déficit structurel dont souffrent de nombreux établissements financiers sera un réel frein à l'obtention de bonnes notations», juge Matthieu Collette. C'est aussi pour des questions de notation qu'Yves Gaubert à la FHF estime que «dans un premier temps, cela ne concernera que les très gros d’établissements».

En juillet, Moody’s a abaissé la note des hôpitaux publics. L’annonce a mis du plomb dans l’aile à l’émission obligataire groupée prévue par une vingtaine d’établissements pour lever environ 200 millions d’euros. «La configuration des participants va être probablement un peu modifiée, ils sont repartis sur une nouvelle notation, l’opération prévue cet automne est différée de quelques mois», explique Yves Gaubert.

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