Les électeurs néerlandais acceptent de poursuivre les réformes budgétaires

le 13/09/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le parti du Premier ministre sortant, partisan de la rigueur budgétaire, est arrivé en tête des élections législatives qui se sont déroulées hier

L'hémicycle du parlement néerlandais. Photo: REA

A l’instar du voisin allemand, les Pays-Bas ont fait leur part pour assurer l’avenir de la zone euro. En effet, Le Parti libéral (VVD) pro-européen et partisan de la rigueur budgétaire du Premier ministre sortant, Mark Rutte, est arrivé en tête des élections législatives qui se sont déroulées hier aux Pays-Bas. Il récolterait, selon les dernières estimations, 41 sièges sur les 150 que compte la chambre des députés, soit deux de plus que le Parti travailliste. Chacune de ces deux formations progresse de 10 sièges par rapport à l'assemblée sortante. Le Parti socialiste, opposé à l'austérité et aux conditions des plans de sauvetage européens des pays en difficulté, sort en revanche grand perdant de cette élection. «Demain, je ferai les premiers pas en vue de la formation d'un gouvernement», a déclaré Mark Rutte. Et d’ajouter que le pays «a besoin d’un gouvernement stable aussi rapidement que possible».

S’il s’agit d’une bonne nouvelle pour la zone euro après le vote favorable de la Cour de Karlsruhe en Allemagne, Natixis estime que «former le gouvernement prendra beaucoup de temps (plus de 100 jours)», ce qui risque d'entraver l'atteinte des objectifs budgétaires du pays. Dans ce contexte, «les libéraux et les travaillistes sont voués à s'unir», a déclaré Philip van Praag, politologue à l'université d'Amsterdam. Le gouvernement dirigé par Mark Rutte a été contraint à la démission en avril dernier après seulement 558 jours au pouvoir du fait de l’impopularité croissante des réformes effectuées pour ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB en 2013, sous la pression des marchés et des agences de notation.

L’enjeu est de taille. Les Pays-Bas, réputés comme très disciplinés en matière budgétaire, ont vu en 2011 leur déficit dépasser le seuil de 3% pour la troisième année consécutive. Et le Bureau Central au Plan prédit une quatrième année d'affilée en 2012. «Le gouvernement devait donc agir afin de se conformer au pacte budgétaire convenu et réclamé par les Pays-Bas» estime Natixis.

La coalition devrait mettre en œuvre le paquet de mesures déjà approuvé. Avec comme mesures phare l’augmentation de l’âge de la retraite, une hausse de la TVA et un gel des salaires du secteur public (à l'exception des soins de santé) pendant deux ans. En outre, Natixis indique que «soutenir les achats de logements n'est pas compatible avec le resserrement des contraintes sur le budget».

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