La détente suscitée par la BCE tombe à point nommé pour l'Italie

le 31/08/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le pays a émis pour près de 7,3 milliards d'euros d'obligations à long terme à des coûts d'emprunt en baisse

L’Italie rassure. Porté par le vent d’optimisme suscité par la prochaine intervention de la Banque centrale européenne sur le marché de la dette, le pays est parvenu hier à lever pour près de 7,3 milliards d’euros d’obligations à 5 et 10 ans, à des coûts d’emprunt en baisse. Le rendement offert aux investisseurs est ressorti en dessous de la barre des 6%, difficilement tenable sur le long terme.

Dans le détail, le trésor a émis 2,5 milliards d’euros de titres à échéance 5 ans à un taux de 4,73% contre 5,29% lors de la dernière opération similaire fin juillet, et 4 milliards d’euros de titres à horizon 2022 à un taux de 5,82% contre 5,96% à la fin du mois dernier.

C’est le rendement le plus bas depuis le mois de mars pour du papier à 10 ans. L’Italie a aussi placé pour 793 millions d’euros d’obligations à coupon zéro à échéance 2017 à 5,33%. Ces trois émissions faisaient office de véritable test pour la Péninsule qui avait déjà placé mardi de la dette à court et moyen terme auprès des investisseurs pour près de 13 milliards d’euros à des taux pour la plupart en nette baisse. Selon les calculs des analystes compilés par Reuters, l’Italie a ainsi réalisé 72% de son programme de refinancement de 2012. Le pays devra cependant faire face fin septembre à des échéances d’un montant total de 29 milliards d’euros puis de 57 milliards en décembre. Le pays ploie toujours sous le poids de sa dette publique qui se monte à près de 2.000 milliards d’euros au total tandis que son économie, entrée dans une profonde récession, donne des signes plus marqués de ralentissement.

Le succès des émissions obligataires donne ainsi une bouffée d’oxygène alors que les réformes engagées ces derniers mois par Mario Monti ont été saluées cette semaine par la chancelière allemande Angela Merkel après sa rencontre à Berlin avec le chef du gouvernement italien. 

Si les deux dirigeants s’accordent à dire que la zone euro trouvera les moyens d’assurer sa survie, ils ne sont pour autant pas tout à fait d’accord sur les moyens d’y parvenir. Ils continuent ainsi de s’opposer sur la question de la licence bancaire que certains pays voudraient voir octroyer au MES contrairement à l’Allemagne qui estime que cela serait contraire à l’esprit des traités.

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