L'Espagne a connu une crise encore plus profonde que prévu en 2010 et 2011

le 28/08/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le gouvernement assure qu'il ramènera bien son déficit à 6,3% du PIB cette année. Le coût du sauvetage des banques est attendu fin septembre

La crise économique espagnole a été encore plus profonde qu’estimé ces dernières années. Les chiffres publiés par le bureau national des statistiques hier suggèrent que le pays devra redoubler d’efforts pour retrouver le chemin de la croissance alors qu’il est soumis à un plan d’austérité drastique et que le gouvernement n’a pas chiffré définitivement le besoin de recapitalisation des banques.

Contrairement aux précédentes estimations, le PIB espagnol n’a crû que de 0,4% en 2011 (contre 0,7%) et a reculé de 0,3% en 2010 (contre -0,1%). L’évolution du PIB en 2009 et 2008 n’a pas été corrigée. L’activité s’est repliée de 3,7% après avoir tout juste atteint 0,9%. Pour cette année, le Fonds Monétaire International a estimé que la croissance devrait reculer de 1,7%. Elle se replierait de 1,2% en 2013 avant de repasser dans le vert à 0,9% en 2014.

Dans un entretien à l’International Herald Tribune hier, le ministre de l’Economie espagnol, Luis de Guindos assure que la collecte de l’impôt sur le revenu est pour l’instant en ligne avec les prévisions et qu’une récession plus longue que prévu ne devrait pas empêcher le pays de tenir ses engagements budgétaires. Le pays a promis de ramener son déficit de 8,9% à 6,3% du PIB cette année, à 4,5% en 2013 et à 2,8% en 2014.

Le gouvernement de Mariano Rajoy a décidé d’un plan de rigueur drastique. Il comprend une augmentation de la TVA de 3 points à 21% dès septembre, une suppression de la prime de Noël des fonctionnaires et une baisse des aides apportées aux chômeurs. Dans son interview, le ministre de l’Economie assure que le pays pourrait bénéficier d’une intervention de la BCE sur les marchés de la dette souveraine.

Même si la perspective d'une intervention sur le marché de la dette est très contestée par la banque centrale allemande, elle a favorisé la détente des rendements des titres nationaux, surtout de court terme. Ceux des obligations d’Etat à 10 ans étaient à 6,3% hier en baisse de près de 35 points de base sur un mois. Pour les titres à deux ans, la baisse est de 156 pb, à 3,48%.

A la fin du mois, le gouvernement devrait surtout recevoir les conclusions de l’audit du secteur bancaire mené par le cabinet Oliver Wyman. D’après Luis de Guindos, les besoins de recapitalisation des banques, à combler par le plan de sauvetage européen, devraient avoisiner les 60 milliards d’euros.

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