La crise s'étend dans la zone euro

le 16/08/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Son PIB a reculé de 0,2% au deuxième trimestre alors que le moteur allemand a ralenti

PIB en Europe

L’horizon s’assombrit pour la zone euro. Au deuxième trimestre son économie a subi de plein fouet le contrecoup de la crise de la dette. Le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a reculé de 0,2% sur la période après une croissance nulle au trimestre précédent, selon une première estimation de l’office européen de statistiques Eurostat dévoilée mardi. Sur un an, le repli est encore plus marqué à 0,4%. La zone euro fait ainsi un premier pas vers la récession qui touche déjà les pays du sud de l’Europe et menace de se propager.

L'annonce du recul de 0,4% du PIB de la zone euro, sur un an, pour le deuxième trimestre s'est accompagnée de plusieurs publications détaillées par pays, ce qui est venu souligner davantage encore la division en deux ligues. D’un côté les économies du Nord, plus résistantes et jusque-là épargnées par la récession, et de l’autre les pays du Sud, qui s’enfoncent dans le rouge.

La situation de la Grèce reste alarmante avec un plongeon de 6,2% du PIB au deuxième trimestre après un repli de 6,5% au premier trimestre. L’Espagne a, quant à elle, enregistré une nouvelle baisse de 0,4% de son activité. Le Portugal (-1,2%), Chypre (-0,8%), et l’Italie (-0,7%), font encore moins bien.

«Les situations de l'Italie, de l'Espagne ou encore du Portugal sont dramatiques. Leur activité chute rapidement et chacun de ces pays cherche à être le plus rigoureux possible, déprimant encore davantage la demande interne (consommation et investissement)», explique Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis Asset Management. «C'est un écueil que la France doit éviter à tout prix», ajoute-t-il.

En France, le PIB est ressorti à 0% au deuxième trimestre, a annoncé l’Insee dans une première estimation pour la période. L’économie française évite donc de justesse de glisser vers la récession comme le prédisaient la semaine dernière la Banque de France et certains économistes.

C’est toutefois le troisième trimestre consécutif de stagnation de l'économie dans l’Hexagone. L’Insee vient en effet de réviser ses chiffres du quatrième trimestre 2011 à 0% contre une prévision initiale de 0,1%. Mais la croissance pour l’ensemble de 2011 reste inchangée à 1,7%. Pas de quoi non plus remettre en cause l’objectif de croissance de 0,3% pour 2012 que s’est fixé le gouvernement selon le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici qui l’a qualifié de «raisonnable».

«Compte tenu de l’environnement actuel, cette atonie est presque une bonne nouvelle», considère de son côté Frédérique Cerisier, analyste chez BNP Paribas tout en estimant que «la capacité de résistance de l’économie française n’est certainement pas éternelle». Le niveau de l’activité en France reste cependant inférieur à celui d’avant la crise. L’économie allemande s’en est, quant à elle, mieux sortie. Au deuxième trimestre, elle a crû de 0,3%, mais c’est moins bien qu’au premier trimestre et de nombreux signes de ralentissement se font jour.

Autre sources de préoccupation: l'économie s'est fortement dégradée en Belgique (-0,6% au deuxième trimestre) et en Finlande (-1,0%), deux pays jusqu'ici résistants, signe que la crise de la dette continue de s'étendre au sein de la zone euro. Les attentes sont fortes concernant les avancées sur le front de la dette souveraine. Tous les regards sont tournés vers la BCE. Sa prochaine réunion le 6 septembre devrait être porteuse d’annonces.

A lire aussi