La zone euro se rapproche dangereusement de la récession

le 13/08/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Dévoilé demain, le PIB de la zone euro est attendu en baisse de 0,2%. Une nouvelle contraction au troisième trimestre enverrait la région dans le rouge

Déjà peu encourageantes la semaine dernière, les nouvelles sur l’état de santé des pays européens pourraient réserver d’autres mauvaises surprises ces prochains jours. La France et l’Allemagne publient demain matin leurs premières estimations pour le PIB du deuxième trimestre. Eurostat dévoilera également le PIB trimestriel pour l’ensemble de la zone euro.

Si la Banque de France a déjà alerté la semaine dernière sur le risque de récession à venir dans l’Hexagone, l’Allemagne ne se montre guère plus optimiste. «Après la forte croissance du premier trimestre, la tendance s'est sensiblement affaiblie en raison du ralentissement de l'environnement international», a reconnu vendredi le ministre allemand de l’Economie, Philipp Rössler, dans une déclaration écrite inhabituelle. Selon lui, le pays fait face à des «risques importants». Selon le consensus, la croissance pourrait se limiter à 0,1% outre-Rhin au deuxième trimestre. En France, le PIB pour la même période est attendu en déclin de 0,2%. Pour l’ensemble de la zone euro, le repli de l’activité pourrait atteindre 0,2%. La semaine dernière, l’Italie a annoncé une chute de 0,7% de son PIB au deuxième trimestre. Celui de l’Espagne a plié de 0,4%.

La situation ne devrait pas s’arranger au troisième trimestre à en croire les indicateurs avancés. En supposant que les indices PMI restent à leurs niveaux du mois de juillet durant tout le troisième trimestre, le PIB allemand se contracterait de 0,4%, calculent les économistes de Deutsche Bank, le premier recul depuis 2009 pour l'économie allemande. Le PIB de la zone euro pourrait subir une dégradation de la même ampleur. Après un premier trimestre plat, et la baisse attendue au deuxième trimestre, la zone euro entrerait alors officiellement en récession ce qui appellerait «des actes de politiques monétaires plus décisifs», indique Credit Suisse, afin d'espérer pouvoir retrouver une croissance indispensable pour le rétablissement de la région. Car, comme le soulignent les économistes d’Aurel BGC, «sans croissance, toutes les autres propositions (de la Banque centrale européenne, NDLR) seront inefficaces. Difficile d’anticiper que des non-résidents prêtent sur des maturités longues à l’Espagne si son économie ne donne pas de signe de stabilisation, voire idéalement de reprise.»

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