Les investisseurs semblent enclins à payer pour prêter aux « corporates »

le 13/08/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'appétit des investisseurs pour les obligations d'entreprises les mieux notées fait peser un risque de rendements négatifs sur ces titres

Les nombreuses incertitudes entourant l’avenir de la zone euro renforcent l’attrait des investisseurs pour les obligations d’entreprises de courte maturité, et qui bénéficient des meilleures notations, à tel point que les rendements offerts pourraient devenir négatifs. «Les obligations corporate de court terme et les mieux notées apparaissent comme les candidates les plus probables pour des rendements négatifs», même si cela pourrait prendre encore un peu de temps, anticipent les analystes de Bank of America Merrill Lynch dans une note publiée au début du mois.

En attendant, l’écart de rendement entre les actifs les mieux notés et ceux qui souffrent, en raison notamment du poids de leur dette, continue de se creuser. Dans le même temps, les taux des obligations des entreprises européennes déclinent plus rapidement que ceux des firmes américaines, souligne BofA Merrill Lynch.

La banque a identifié un petit groupe d’émetteurs parmi les mieux notés dont les rendements obligataires sont tombés en dessous des 40 points de base (0,4%), et se rapprochent du terrain négatif. Il sagit de la multinationale Procter & Gamble, du groupe pétrolier français Total, et du géant informatique IBM qui avaient respectivement émis des titres à échéance mai 2014 avec un coupon de 4,5%, à horizon décembre 2013 à un taux de 4,75%, et à maturité janvier 2014 à 6,25%. «Ces groupes affichent les rendements les plus bas dans le marché high grade», et il convient de «garder un œil dessus», insistent les analystes de BofA Merrill Lynch.

Comme c’est le cas pour les emprunts d’Etat, les investisseurs semblent aujourd’hui enclins à rémunérer les entreprises les plus solides pour leur prêter des fonds. La problématique est la même. Certains investisseurs, fonds de pension ou grands assureurs ont besoin de placer des centaines de millions de liquidités par semaine qu’ils ne sont pas autorisés à garder dans leur bilan. Avec la crise de la zone euro, les alternatives au Bund allemand sont peu nombreuses. Reste que la perspective de rendements nuls devrait rendre les obligations corporate moins attrayantes aux yeux des autres catégories d’investisseurs.

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