La SEC jette le trouble sur l’acquisition de Nexen par le chinois Cnooc

le 30/07/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’autorité américaine a obtenu le gel d'actifs de fonds à Hong Kong et à Singapour sur fond de soupçons de délit d’initiés sur l’opération de rachat

La commission des opérations de Bourse américaine (SEC) a indiqué ce week-end avoir obtenu d'une cour de justice du pays le gel de 38 millions de dollars d'actifs du fonds d'investissements de Hong Kong Well Advantage Limited, contrôlé par l'homme d'affaires chinois Zhang Zhirong et d'autres investisseurs, accusés d'avoir acheté des actions de Nexen avant l'annonce officielle de son rachat par le géant énergétique chinois Cnooc pour un montant de 15,1 milliards de dollars.

Well Advantage aurait ainsi acheté pour 14,3 millions de dollars d'actions Nexens deux jours avant l'annonce du rachat par le biais d'un compte détenu chez Citibank et un autre logé chez UBS. Une opération qui lui aurait permis de réaliser un bénéfice de 7 millions. Et la SEC de préciser que Zhang Zhirong contrôle une autre société, China Rongsheng Heavy Industries, qui détient «un accord de coopération stratégique» avec Cnooc.

Par ailleurs,d'autres investisseurs «non identifiés» auraient également utilisé des comptes localisés à Singapour pour encaisser 6 millions de dollars, en effectuant un aller-retour sur les titres. Selon la SEC, les autres traders impliqués auraient ainsi utilisé deux comptes à Singapour, un chez Citibank et un autre chez Phillip Securities, pour acheter plus de 676.000 actions du groupe canadien visé par Cnooc, juste avant l'annonce du rachat, pour les revendre seulement quelques heures après.

Dans les deux cas, la SEC a été alertée par le fait que ces investisseurs opportunistes ne détenaient aucune position dans Nexen une semaine avant l'annonce de l'opération. L’autorité compte poursuivre ses investigations en se rapprochant des autorités de Hong Kong et de Singapour afin d'identifier les investisseurs concernés et d'obtenir des preuves du délit d’initiés.

Une enquête qui jette une ombre sur ce qui était annoncé comme étant la plus grosse opération de rachat par une société chinoise à l'étranger. Si l'opération doit être finalisée au quatrième trimestre, elle reste suspendue à l'aval des autorités qui pourraient être tentées de s'en servir comme objet de marchandage avec les autorités chinoises. Un sénateur américain a en effet appelé les autorités à suspendre l'approbation du rachat tant que Pékin ne prend pas des engagements «tangibles» de réciprocité permettant aux entreprises américaines de réaliser des opérations d'acquisition en Chine.

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