Gérard Rameix exhorte les banques à développer la Place de Paris

le 26/07/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Devant les élus, le nouveau président de l'AMF a déploré certains choix industriels ainsi que la perte d'influence française au sein de l'Esma

Juste avant d’être confirmé à la tête de l’Autorité des marchés financiers (AMF) en remplacement de Jean-Pierre Jouyet par les parlementaires hier, Gérard Rameix, a plaidé devant la commission des finances du Sénat, pour l’organisation d’un marché au service des entreprises, particulièrement celles de taille moyenne (PME) et intermédiaire (ETI).

Celui qui a déjà été directeur de la Commission des opérations de Bourse et secrétaire général de l’AMF a fait valoir aux élus son expérience de médiateur du crédit. Convaincu que la mise en œuvre de Bâle 3 va limiter l’accès au crédit bancaire, il plaide pour explorer toutes les solutions de financement par le marché. A ses yeux, il faudrait tester des schémas inspirés de la titrisation, les partenariats dans la dette privée aux entreprises, du type de celui développé par Axa, le Crédit Agricole et la Société Générale ou encore développer des OPCVM sur les PME/ETI. Gérard Rameix a aussi salué la proposition de «bourse de l’entreprise» présentée début juillet par Nyse Euronext, même s’il a reconnu que les premières discussions avec l'opérateur transatlantique sur le marché dédié aux PME et ETI avaient été décevantes.

Gérard Rameix s’est dit «moins optimiste sur la Place de Paris», même s’il a insisté sur l’importance qu’y tient la gestion d’actifs. Selon lui, «on n’a pas la tradition de la finance de marché et les choix collectifs, notamment des banques, n’ont pas été faits en faveur du développement du marché à Paris.» Il a regretté que les infrastructures de post-marché, de règlement livraison et de compensation se soient affaiblies en France.

Pour rendre à la Place son dynamisme, Gérard Rameix estime qu’«il faut avoir une discussion entre Bercy et les grandes banques», pour lesquelles cette question serait un sujet «un peu secondaire». Le médiateur du crédit a par ailleurs déploré le manque d’implication des grandes banques et des courtiers dans le développement des plate-formes obligataires. Il a souligné que les marchés obligataires de gré à gré pouvaient être le lieu d’importantes manipulations.

Interrogé sur les enjeux de la régulation au niveau européen, Gérard Rameix «regrette beaucoup que les positions françaises au sein de l’Esma aient reculé». Redonner à Paris, toute son importance au sein du régulateur européen des marchés financiers, pourtant basé dans la capitale, sera une de ses priorités.

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