Julius Baer veut arrondir sa clientèle asiatique

le 24/07/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque suisse s'allie à Bank of China. Le rééquilibrage des activités vers l'Asie et les marchés onshore participe à la baisse des marges

Julius Baer était attendu sur le dossier Bank of America Merrill Lynch à l’occasion de la publication de ses résultats. Mais le groupe suisse n’a guère fourni d’éléments sur l’avancée de ses discussions pour le rachat des activités européennes et asiatiques de gestion de fortune de la banque américaine, et a annoncé à la place un accord avec Bank of China (BoC). Outre la reprise de la filiale suisse de la banque chinoise (moins d’un milliard de francs d’encours) le partenariat donnera à Julius Baer un accès privilégié aux clients de BoC qui ont besoin de services hors de Chine.

Les deux dossiers n’ont pas la même portée, la vente des actifs de BoA Merrill, estimée à 1,5 milliard de dollars, s’annonçant comme le plus gros dossier de consolidation du secteur depuis 2010. «L’accord avec Bank of China constitue une prise de position importante sur un marché croissant, estime néanmoins Tim Dawson, analyste chez Helvea. Le groupe gère plutôt bien la demande du ‘nouveau monde’ pour les services de banque privée et construit des activités génératrices de croissance afin de remplacer le modèle offshore traditionnel des pays développés, qui est brisé.»

Le rééquilibrage des activités a cependant un effet sur les marges. Au premier semestre, la marge brute de Julius Baer sur encours gérés est tombée à 98,8 points de base, contre plus de 104 pb en 2011. La faiblesse des volumes de transaction sur les marchés et des taux d’intérêt expliquent ce recul, mais en partie seulement. «Julius Baer se développe sur ses marché de croissance, l’Asie et l’Amérique latine, ainsi que sur les marchés onshore d’Europe, qui présentent tous structurellement des marges bien plus faibles que celles du marché offshore suisse, souligne Dirck Becker, analyste chez Kepler. Ce déclin va se poursuivre.»

La croissance de l’activité se lit dans les chiffres de collecte du groupe. Au premier semestre, Julius Baer a attiré en net 5,5 milliards de francs suisses d’argent frais, soit 3,2% des actifs gérés. En base annualisée, la banque dépasse donc son objectif de 4 à 6%. A fin juin, les encours s’élevaient à 179 milliards de francs (150 milliards d’euros).

Le résultat net, de 221 millions de francs, a dépassé le consensus des analystes. Celui du second semestre devrait en revanche être amputé par l’amende, non chiffrée à ce stade, que Julius Baer devra payer au fisc américain pour régulariser sa situation.

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