Les gérants privés font face à un relèvement de leur point mort

le 23/07/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le seuil permettant de réaliser des économies d’échelle s’est en moyenne déplacé de 5 à 10 milliards d’encours en Europe, selon McKinsey

L’effet taille devient primordial pour les gérants privés européens. «La taille critique permettant de dégager des économies d’échelle s’est déplacée de 5 milliards d’euros d’encours avant la crise de 2008 à 10 milliards aujourd’hui», explique Sébastien Lacroix, directeur associé chez McKinsey, en charge de l’enquête annuelle du cabinet sur le secteur.

La marge de revenus (revenus sur encours) du secteur s’établissait à 83 points de base (pb) en 2011, contre plus de 95 pb avant 2008. «Cette marge est appelée à rester entre 80 et 85 pb. Les investisseurs se tournent vers des produits moins rémunérateurs et se révèlent plus attentistes, générant une moindre rotation de leur portefeuille et dès lors de moindres revenus», estime Sébastien Lacroix.

En vue de conserver la marge de profit (profit sur encours) actuelle, de 24 pb contre plus de 35 pb avant 2008, «les gérants privés doivent maintenir une marge de coûts inférieure à 60 pb, ce qui leur est difficile au regard des dépenses générées par les exigences de conformité réglementaire. Les acteurs doivent jouer sur les économies d’échelle», explique Sébastien Lacroix.

Alors que ce constat suscite des craintes sur le devenir de certains acteurs de petite taille, ces derniers «doivent repenser leur efficacité opérationnelle et industrialiser le service de conseil, très demandé par les investisseurs dans le contexte actuel», indique le consultant. Par ailleurs, l’écart s’est accentué entre les banques privées du premier et du dernier quartile. Les premières ont vu leur collecte croître de 10% (contre +5% avant la crise en moyenne) tandis que les secondes ont subi un recul de 6% (-1% avant 2008).

Seuil de rentabilité pour les gérants privés
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Seuil de rentabilité pour les gérants privés

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