Mariano Rajoy annonce une nouvelle thérapie de choc pour l'Espagne

le 11/07/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La hausse de la TVA et les coupes budgétaires annoncées hier visent à dégager 30 milliards d'euros

Alors que l’Eurogroupe s’est engagé lundi à verser à l’Espagne 30 milliards d’euros dans le cadre du plan de sauvetage de ses banques, Mariano Rajoy, le chef du gouvernement, aannoncé au Parlement son nouveau plan d’austérité. Objectif: économiser environ 30 milliards d’euros. Au menu de cette cure: des hausses d'impôt etdes coupes dans l’administration publique, les retraites et les allocations chômage.

Les coupes budgétairesvisent àrespecter les engagements de réduction de déficit public à 5,3% du PIB en 2013. En échange, Bruxelles accordera à l’Espagne une année de plus pour atteindre l’objectif de 3%, en 2014. « Etaler le plan d’austérité sur plusieurs années est très positif car il sera appliqué lentement tout en tranquillisant les marchés sur la volonté espagnole de réduire son déficit», estime Antonio Argandoña, professeur d’économie à l’école de commerce IESE.

En ligne avec les recommandations de la Troïka et contrairement aux promesses électorales du chef du gouvernement conservateur, il y aura une hausse de la TVA. Déjà lundi, le ministre de la Fiscalité Cristobal Montoro annonçait la couleur lors d’un cours universitaire intitulé «Entrepreneurs autonomes: créateurs d’emplois»: «Nous payons une TVA relativement faible en comparaison avec d’autres pays européens», avait-il lancé. Montoro avait également fait allusion au poids de l’économie parallèle dans l’économie espagnole, responsable d’une perte importante de revenus, estimée à 20% du PIB.

Parmi les autres mesures: la fin de l’abattement fiscal lors de l’achat d’un logement et de fortes coupes budgétaires dans l’administration publique. Selon El País, dans la ligne de mire du gouvernement: les salaires et la journée de travail des fonctionnaires ainsi que les 690.000 postes temporaires du secteur public dont les contrats ne seront pas renouvelés. Le quotidien économique Cinco Días recense 3,1 millions de salariés dans ce secteur qui sera soumis à une cure d’amaigrissement. Déjà au premier trimestre, 32.000 postes ont été supprimés, «du jamais vu depuis 1999», précise le quotidien.

Ce nouveau plan de choc prévoit également une diminution des allocations chômage, «destinée à motiver les chômeurs espagnols à réintégrer le marché du travail le plus vite possible», explique Antonio Argandoña. Ce n'est pas une mince affaire dans un pays dont 24,5% de la population active est sans emploi. Egalement visés par les mesures d’austérité: les retraités, dont le calcul des retraites sera modifié.

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