Les matières premières subissent de plein fouet la défiance des investisseurs

le 27/06/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le marché a enregistré des retraits pour 8,2 milliards en mai selon BarCap, la pire performance jamais observée après septembre 2011

Le marché des matières premières a subi le mois dernier de la part des investisseurs un mouvement de défiance proche d’un «sauve qui peut» rappelant des souvenirs de l’année 2008, sur fond de sombres données macroéconomiques et d’incertitudes persistantes quant à la crise de la dette souveraine en zone euro. Tel est le sentiment de Barclays Capital au sein d'une étude au titre évocateur : «Dans l’œil du cyclone».

La banque relève que les investisseurs ont effectué des retraits sur les fonds dédiés aux matières premières pour un montant de 8,2 milliards de dollars en mai, soit le deuxième plus important montant jamais observé après septembre 2011 (9,8 milliards). Les véhicules d’investissement recensés par les analystes de BarCap totalisent ainsi 394 milliards de dollars d’actifs sous gestion à fin mai, en recul de 35 milliards sur un mois. Le mouvement d'extrême prudence mis en lumière par le rapport a ainsi accentué le repli des prix des actifs sous-jacents.

Chaque segment respecte ce scénario qui cumule baisses des prix et retraits. Celui de l’énergie a subi les retraits les plus importants le mois dernier, à hauteur de 2,7 milliards (les actifs chutant de 10 milliards, à 104 milliards), suivi par celui de l’agriculture avec 2,3 milliards (-9 milliards à 86 milliards). Les métaux précieux, qui représentent 47% des montants investis à fin mai (soit 186 milliards), concèdent sur le mois des retraits de 1,9 milliard de dollars, leurs actifs plongeant de 15 milliards. Enfin, les métaux de base ont subi une baisse de 2 milliards des actifs à 18 milliards sous le coup de retraits pour 1,3 milliard.

Pour BarCap, «la vitesse et l’ampleur des récentes corrections de prix sur les matières premières laissent penser que les investisseurs anticipent une dégradation sensible des perspectives macroéconomiques». L’étude souligne notamment qu’aucun redressement pérenne ne peut être espéré faute de retour de la confiance en Chine.

D’autant que les niveaux de cours laissent encore la place à une phase d’instabilité et de correction, car les actifs dédiés aux matières premières, ayant retrouvé leurs niveaux de fin 2011 (399 milliards de dollars), restent bien supérieurs (plus du double) à ceux observés fin 2008 (160 milliards). «En cas de doute, diversifiez» vos positions au sein de la classe alternative des matières premières, conseillent les analystes de Barclays Capital.

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