«La prudence s'impose en attendant une intervention de la BCE»

le 21/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Samir Bederr, gérant analyste à La Banque Postale Asset Management

L'Agefi: Pourquoi avez-vous décidé de passer de surpondérer à neutre?

Samir Bederr: Nous avions anticipé le resserrement des spreads du 1er trimestre, notamment du fait de l'injection de liquidités à trois ans de la BCE (LTRO). Néanmoins, ce resserrement fut très fort et très rapide. Or, les problèmes de la zone euro n’ont pas tous disparu, comme le montrent les résultats des élections grecques. Le thème d’une sortie de la Grèce de la zone euro, avec toute la contagion possible aux autres pays du Sud de l’Europe, a de nouveau plongé les marchés dans le doute. Nous avons également confirmation de chiffres d’activité et d’emploi faibles en Europe. L’embellie de l’économie américaine, même si elle semble bien réelle, n’est pas suffisante pour contrebalancer cette situation européenne globalement anxiogène. L’activité dans les pays émergents, Chine en tête, semble relativement stable pour l’instant, mais tout affaiblissement serait rapidement perçu comme très mauvais pour l’économie mondiale. Face à toutes ces incertitudes, l’aversion au risque est réapparue.

Dans ce contexte, quelle est votre stratégie?

La prudence nous paraît indispensable en attendant une avancée politique ou une intervention supplémentaire de la BCE, certains évoquant l’éventualité d’un troisième LTRO. Il faudra, autant que possible, restreindre l’accumulation de titres à hauts bêta dans les portefeuilles, pour ne se limiter qu’aux convictions fortes en ce domaine. Les titres longs, trop volatils du fait de leur sensibilité aux spreads, devront également être réduits, tout comme les titres d’émetteurs issus de pays périphériques. Les liquidités ainsi dégagées attendront les opportunités à venir, notamment sur le marché primaire qui se rouvrira lorsque le niveau d’anxiété des investisseurs sera retombé.

Panel Crédits 21 mai
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