«L'imminence d'un défaut grec renforce la probabilité d'une nouvelle LTRO»

le 21/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sylvain Broyer, adjoint au chef économiste chez Natixis

L'Agefi: Quel est selon vous le niveau plancher du Bund?

Sylvain Broyer: Il faut bien comprendre que ce plancher est mobile. Au-delà du contexte de croissance molle, désinflation et réduction des déficits, qui par essence est déjà favorable à un recul des taux longs, l’aversion pour le risque laisse affluer l’épargne mondiale vers les titres du Bund et la crise européenne incite plus particulièrement les Allemands à délaisser les actifs étrangers. En plus, il est probable que les banques centrales du G3 se montrent encore plus actives cette année. Retour de l’aversion au risque et liquidité BCE ont ainsi contribué pour plus de la moitié à la baisse de 45 points de base que les rendements allemands enregistrent depuis le mois de mars. Pour ces prochains mois, leur évolution dépendra du dénouement que la tragédie grecque trouvera et de sa gestion par les autorités monétaires.

La BCE a-t-elle encore des munitions pour faire face à une éventuelle remontée des taux dans les pays périphériques?

Si elle le veut, elle le peut. Probablement moins par des achats de titres de dettes que par de nouvelles injections de liquidités, pour inciter les banques domestiques à en acquérir pour compte propre. Une banque centrale n’est pas supposée courir le moindre risque de crédit à son bilan. Elle le fait lorsqu’elle acquiert des obligations non sécurisées, telles que des dettes publiques; elle ne le fait pas lorsqu’elle refinance les banques. L’imminence d’une banqueroute grecque a très certainement échaudé la BCE de poursuivre son programme d’achats de titres et a renforcé la probabilité d’une nouvelle injection de liquidités (LTRO) par la banque centrale.

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