L'évolution de la gestion pousse vers l'externalisation

le 14/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le rendement médiocre des classes d'actifs traditionnelles, les nouvelles priorités des investisseurs et la réglementation bouleversent le secteur

Les gérants d’actifs doivent accélérer leur effort d’adaptation à l’environnement qui se constitue sous leurs yeux. C’est en substance ce que confirme l’étude menée par la banque dépositaire State Street.

L’éclatement de la bulle internet en 2001 et les crises financières de 2008 et 2011 ont ébranlé les convictions des investisseurs. «Depuis 30 ans, les actions procuraient avec une certaine certitude un rendement supérieur à 5% sur une période plus ou moins longue. Mais cette certitude s’est envolée ces dix dernières années», affirme Raphaël Remond, directeur général de State Street Banque. L’indice MSCI World a par exemple progressé de seulement 1,7% entre 2002 et fin 2011, avec en outre une volatilité considérable.

Les investisseurs font preuve d’une forte aversion au risque et d'une méfiance à l’égard des gérants. «Les priorités des investisseurs poussent les sociétés de gestion à retrouver leurs fondamentaux: ne pas perdre le capital placé et le faire fructifier à moyen ou long terme», rappelle Raphaël Remond. En même temps, les performances médiocres affichées par les classes d’actifs traditionnelles poussent les investisseurs vers des produits alternatifs.

Les gérants doivent également compter avec l’apparition de nouveaux investisseurs issus des pays émergents, aux besoins propres. Le secteur s’éloigne d’un modèle dans lequel le gérant disposait d’une palette de produits déterminés: «aujourd’hui, la demande s’oriente vers des solutions élaborées en fonction des priorités du client.» Revers de la médaille, «l’investisseur institutionnel doit être capable de comprendre et de suivre l’évolution du risque et du rendement des classes d’actifs avec lesquelles il était traditionnellement moins familier», note le dirigeant de State Street Banque.

La réglementation joue un rôle déterminant dans l’évolution du secteur. Selon un sondage servant de base à l’étude, 46% des gérants déclarent qu’elle affectera significativement leur activité. «Les obligations qui s’appliquent aux investisseurs poussent les professionnels à étoffer leur capacité d’innovation et à adapter leur mode de gestion, tandis que celles qui concernent les maisons de gestion obligent ces dernières à renforcer leurs systèmes d’information et de reporting. L’externalisation est l’une des solutions. Plus de 40% des sociétés de gestion ont externalisé une de leurs fonctions en 2011», assure Raphaël Remond.

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