La Grèce fait un pas supplémentaire vers de nouvelles élections législatives

le 14/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les négociations menées ce week-end avec les partis politiques n'ont pas été couronnées de succès. Un retour aux urnes se profile pour juin

Malgré sa montée en première ligne, le président grec Karolos Papoulias n'avait pas réussi dimanche soir ce qui semblait un défi de taille : parvenir à la formation d'un gouvernement de coalition. Il a réuni hier matin pendant moins de deux heures les trois représentants des principales forces politiques du pays : le socialiste Evangelos Venizelos (Pasok), le conservateur Antonis Samaras (Nouvelle Démocratie) et le pourfendeur de l'austérité Alexis Tsipras (Syriza).

A l'issue de la réunion, ce dernier avait une nouvelle fois martelé le discours intransigeant qu'il tient la percée sa Coalition de la gauche radicale aux élections du 6 mai. «Ils (Pasok et Nouvelle Démocratie, ndlr) ne cherchent pas d'accord avec Syriza, ils nous demandent d'être complices d'un crime et nous ne serons pas leurs complices», a assené Alexis Tsipras.

Si Syriza maintient cette ligne dénuée de toute concession, c'est parce que le contexte électoral lui est favorable. Selon un sondage réalisé par Kapa Research pour le compte du quotidien To Vima, la formation arriverait en première position, avec 20,5% des voix, en cas de nouveau scrutin. Syriza avait obtenu 16,8% il y a une semaine. Les grands perdants seraient les partis «historiques», Pasok et Nouvelle Démocratie.

«L'issue de nouvelles élections législatives est imprévisible étant donné que le choix laissé à l'électorat grec se fait entre des partis qui mettraient en oeuvre une austérité budgétaire hautement impopulaire ainsi que des mesures stucturelles, et des forces politiques qui rejettent le programme UE-FMI et mettraient en danger l'adhésion de la Grèce à la zone euro», soulignait vendredi Fitch Ratings. Et d'ajouter que de nouvelles élections en juin ne permettraient sans doute pas à la Grèce de respecter la date limite de fin juin imposée par les créanciers pour proposer de nouvelles mesures d'austérité représentant 5,5% du PIB, bien que le pays pourrait obtenir un sursis.

Dans ce contexte, l'hebdomadaire allemand Der Spiegel lance dans sa dernière édition : «Acropolis, Adieu ! Pourquoi la Grèce doit quitter la zone euro». Une possibilité également évoquée par le belge Luc Coene, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, dans un entretien au Financial Times. «Si un membre (de la zone euro) décide qu'il n'a plus d'intérêt à rester membre, il doit être autorisé à en sortir».

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