La BCE reste attentiste faute de connaître tout l'impact des LTRO

le 05/04/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Banque de Francfort a laissé ses taux inchangés. Même si la situation s'améliore elle juge très prématuré de parler de stratégie de sortie

Mario Draghi, ici le 4 avril 2012, s'est employé à rassurer les investisseurs. Photo: Hannelore Foerster/Bloomberg

La Banque centrale européenne campe sur sa ligne. Comme prévu par les analystes, le Conseil des gouverneurs a décidé à l’unanimité de garder le taux de refi au niveau de 1%. Un possible changement n’a même pas été discuté. Dans l’ensemble, le président de la BCE, Mario Draghi, s’est employé à rassurer les investisseurs, tout en soulignant qu’il était bien trop tôt pour envisager toute stratégie de sortie.

Selon la BCE, l’activité économique est en train de se stabiliser à un niveau faible depuis le début de 2012. La reprise devrait toujours être très graduelle au cours de l’année, tirée par la demande étrangère, les taux d’intérêts très faibles et les mesures prises par les différents gouvernements. Les risques de nouvelles tensions ne sont pas écartés pour autant. Du côté de l’inflation, la BCE estime toujours qu’elle devrait rester au-dessus de 2% en 2012, augmentation des taxes et des prix de l’énergie aidant. Même si la BCE se dit très attentive aux «effets de second-tour», un gage donné à la Bundesbank, elle estime que l’inflation devrait passer en dessous des 2% dès le début de l’année 2013.

L'institution a par ailleurs souligné qu’après les deux injections de liquidité à trois ans (LTRO), les conditions de financement des banques s’étaient encore améliorées, en témoignent le dynamisme du marché primaire et la réouverture de certains segments de crédits. Cependant, le président de la BCE a rappelé qu’il était encore trop tôt pour juger de l’impact des deux LTRO, notamment sur le crédit. Le prochain sondage sur les conditions de crédit, attendu le 25 avril devrait, à ce titre, être très surveillé.

Mario Draghi a appelé les banques à profiter de la fenêtre d’opportunité qui leur a été offerte avec la LTRO pour se recapitaliser. Interrogé sur le secteur bancaire grec, il a affirmé qu'il aurait largement les moyens de se renflouer après l'effacement d'une partie de la dette du pays. Quant aux gouvernements, le banquier central les a fermement encouragés à poursuivre leur assainissement budgétaire et à mettre en œuvre les réformes structurelles susceptibles de soutenir la croissance. Mario Draghi a enfin affirmé qu’étant donné le haut niveau de chômage «toute discussion autour de la stratégie de sortie des politiques non-conventionnelles est prématuré». Et d'assurer que les LTRO sont des opérations de politique monétaire relativement classiques, si l'on met de côté leur maturité.

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