La Grèce est mise officiellement en situation de défaut sélectif par S&P

le 28/02/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Standard & Poor's a annoncé hier soir la dégradation de la note à long terme «CC» et la note à court terme «C» de la Grèce à «SD» (Défaut sélectif)

La décision est symbolique: treize ans après l’adoption de la monnaie unique, la Grèce devient le premier pays de la zone euro à être noté en défaut sélectif. Standard & Poor's a en effet annoncé hier soir la dégradation de la note à long terme «CC» et la note à court terme «C» de la Grèce à «SD» (Défaut sélectif). Fitch avait déjà relégué mercredi dernier la note souveraine grecque à seulement un cran au-dessus du défaut, soit «C».

Une décision attendue et motivée par l'insertion rétroactive par le gouvernement grec de clauses d'action collective dans la documentation de certaines tranches de sa dette souveraine. Le ministère des finances grec a indiqué que cette dégradation n’avait «pas d’impact sur le secteur bancaire grec, ses effets sur la liquidité ayant été soulignés par la Banque centrale grecque et donc par le FESF». S&P a néanmoins mis en garde sur le fait que «si un nombre suffisant de créanciers obligataires n'acceptait pas l'offre d'échange, nous pensons que la Grèce serait confrontée à un défaut de paiement pur et simple et imminent». En effet, la Grèce n’ayant pas accès aux marchés, elle ne pourrait sans doute pas compter sur des financements publics supplémentaires.

L’agence précise toutefois que si l'échange de dette lancé officiellement vendredi et incluant une perte pour les créanciers de 53,5% de la valeur nominale de leurs titres, soit 74% de la valeur réelle, se concrétise, alors «nous considèrerons sans doute que le défaut sélectif aura été traité et relèverions le rating souverain de la Grèce dans la catégorie CCC».

La question est de savoir si cette décision implique l’activation des contrats de credit-default swaps (CDS). Selon le Depository Trust & Clearing, les paiements nets sur les CDS grecs ne dépasseraient pas les 3,2 milliards de dollars. Un comité dirigé par l’organisme qui gère ces contrats, l’Association Internationale des Swaps et Dérivés, a été chargé d’évaluer si la restructuration de la dette grecque, incluant des clauses d’action d’actions collectives et contraignant les créanciers privés à encaisser des pertes, devait permettre d’activer les CDS. En se référant à la définition donnée par l’Association, un changement dans l’ordre des priorités de paiement de toute obligation est considéré comme un évènement de crédit qui peut déclencher le paiement de la protection contre le défaut de paiement garanti par le CDS.

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