L'activité dans la zone euro a été anémique fin 2011

le 16/02/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La France tire son épingle du jeu grâce à la baisse des importations. Les pays périphériques sont loin derrière

Tous les pronostics le disaient: l’activité a reculé dans la zone euro au quatrième trimestre 2011. Selon les estimations d’Eurostat, la baisse est de 0,3% par rapport au trois mois précédents. Le PIB européen a donc augmenté de 1,5% en 2011 (après 1,8% en 2010). Tandis que l’Italie a accusé le coup de la crise, la France a tiré son épingle du jeu, mais sans brio. Dans l’Hexagone, l’activité est ressortie en hausse de 0,2% sur la période, contre un recul de 0,1%, attendu par le consensus. Sur 2011, la croissance a donc été de 1,7%.

En portant à 0,3% l’acquis de croissance pour 2012, ce chiffre «conforte la prévision du gouvernement à +0,5% pour l’ensemble de l’année», s'est félicité Bercy. Dans le détail, la demande intérieure finale a légèrement augmenté (0,3%), tirée par l’investissement. Mais les variations de stocks ont contribué négativement à l’évolution du PIB (-0,8 point) et compensé l’impact positif du commerce extérieur (+0,7 point). Ce dernier s’explique par une baisse des importations.

A court terme, Tullia Bucco, économiste chez Unicredit, met en garde contre les conséquences du froid de février. «Cela pourrait peser sur l’activité à cause de l’augmentation des importations énergétiques, une moindre activité dans la construction et dans une moindre mesure, en raison d’empêchements dans la production industrielle». Alors que la consommation des ménages s’infléchit : «la demande étrangère et la disponibilité du crédit devraient être deux facteurs essentiels dans les mois à venir», estime Gille Moëc, chez Deutsche Bank.

D’après les économistes, la santé de l'Allemagne jouera beaucoup pour l’Union. Outre-Rhin, le PIB a reculé pour la première fois depuis le premier trimestre 2009, de 0,2%. L’activité a été tirée par l’investissement mais le commerce et la consommation finale se sont contractés. Cela n’a pas empêché le pays d’enregistrer une croissance de 3,1% en 2011.

La contraction en Italie est encore plus marquée au quatrième trimestre avec une baisse de l’activité de 0,7% par rapport au trimestre précédent. «L’impact cumulé des trois programmes de rigueur lancés en 2011 va inévitablement peser sur le revenu disponible, tirant à la baisse la consommation des ménages», écrit Paolo Pizzoli chez ING. Fin 2011, le PIB espagnol a reculé de 0,3% et le portugais de 1,3%.

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