Les économistes américains veulent croire à la croissance en dépit des incertitudes

le 24/01/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Près des deux tiers des membres de la Nabe misent sur une hausse du PIB supérieure à 2% cette année. Les perspectives d’emploi restent ternes

Les économistes américains s’en remettent à la méthode Coué. En dépit d’incertitudes grandissantes, les membres de la Nabe (National Association for Business Economics) sont plus nombreux qu’il y a trois mois à croire à un redressement de la croissance. Alors que 16% d’entre eux seulement misaient en octobre, à l’occasion du précédent sondage, sur une progression du PIB supérieure à 2,0% entre les quatrièmes trimestres 2010 et 2011, ils sont désormais 65% à envisager ce taux de croissance cette année. Un sur vingt va d’ailleurs jusqu’à miser sur un taux de 3,1 à 4,0%. Cela dans un contexte de hausse maîtrisée des prix. Le sondage a été réalisé du 15 décembre au 5 janvier.

Pour autant, ce sentiment apparent d’une plus grande confiance dans l’économie américaine, sur fond de ventes au détail de fin d’année 2011 encourageantes selon l’universitaire Nayantara Hensel, rapporteuse du rapport, ne se traduit nullement pour l’heure sur les perspectives de recrutement au sein de chaque entreprise. La prudence gagne ici du terrain, 64% (+5 points) estiment que l’emploi n’évoluera pas au cours des six prochains mois, alors que 27% seulement (-2 points) veulent croire à une progression. Ils étaient 43% il y a six mois. Pis, seuls 10% des économistes interrogés dans le secteur manufacturier envisagent désormais une amélioration à court terme, contre 36% dans le secteur financier.

L’éclaircie reste également encore incertaine en termes d’investissements en capital. Même si 53% des membres de la Nabe songent à une progression des montants investis au cours des douze prochains mois, carburant de la croissance à terme, 30% d’entre eux visent une hausse de moins de 10%, et, surtout, 42% des économistes envisagent une stabilité.

En parallèle, la crise de la dette en zone euro ne préoccupe pas outre mesure les membres de la Nabe. Près des deux tiers (63%) d’entre eux estiment que son impact sera négligeable en termes d’évolution du chiffre d’affaires au cours des six prochains mois. Même si 44% au sein du secteur manufacturier craignent un impact de 10% au plus. D’une manière tout aussi «surprenante» selon Nayantara Hensel, plus de la moitié des membres de la Nabe estime que l’échec du «Super comité» du Congrès sur la réduction de la dette publique n’aura aucune influence sur leur niveau d’activité.

A lire aussi