Les membres du LME doivent choisir entre deux modèles de développement divergents

le 05/01/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Face aux contraintes réglementaires en vue notamment, certains comme JPMorgan et Goldman Sachs songeraient à renoncer à une vente

Tentation du gain à court terme contre volonté de préservation des intérêts à long terme. Tel est le choix cornélien auquel font face les propriétaires du London Metal Exchange, le plus important marché mondial de métaux non ferreux. Après plus de 130 ans d’existence, le LME a indiqué en septembre dernier avoir reçu des marques d’intérêt pour un rachat, qui remettrait en cause son organisation.

Une porte-parole a indiqué en décembre que «plus de dix» dossiers avaient été transmis à des prétendants potentiels en vue de leur ouvrir les comptes détaillés du marché londonien. Les analystes estiment que la transaction pourrait s’élever à un milliard de livres (1,2 milliard d’euros). Un montant évoqué en septembre par Reuters, qui faisait l’hypothèse d’une alliance pour l’occasion entre les Bourses de Londres (LSE) et de Singapour (SGX). CME Group et l’IntercontinentalExchange sont également cités. En novembre, le rachat par JPMorgan de la part de 4,7% détenue par MF Global pour 25 millions de livres, toujours selon Reuters, valorisait le LME à 530 millions.

Cette transaction a fait de JPMorgan le principal actionnaire du marché de métaux. C’est justement cette banque, et le précédent numéro un des porteurs Goldman Sachs, qui mèneraient actuellement une fronde contre une vente du LME, selon Reuters. Ensemble, les deux établissements détiennent un peu moins de 20% des titres ordinaires. Il suffirait de quelques alliés aux deux banques pour faire échouer une opération nécessitant l’approbation des détenteurs des trois quarts du capital.

La perte de contrôle du LME pourrait signifier le passage sous la férule d’un régulateur plus sourcilleux face aux pratiques du négoce des métaux, notamment son lucratif système de stockage. Face aux projets des autorités américaines ou de Bruxelles, la FSA britannique fait pour l’heure preuve de bienveillance en accordant une grande autonomie au LME. Les membres peuvent également se montrer attachés à un mode de fonctionnement qui leur garantit des commissions minimes à payer.

De quoi relativiser la manne attendue de la part d’un acquéreur. Pour un haut responsable d’un membre du LME en effet, «tout ce qui est susceptible d’altérer le modèle de développement ne serait pas acceptable». Ce à quoi un de ses homologues rétorque que le mouvement de consolidation des marchés boursiers est «inévitable».

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