Pékin fourbit ses armes pour lutter contre le ralentissement de l'économie

le 04/01/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Premier ministre a estimé les conditions d’activité comme «relativement difficiles». Hausses de salaires et plan de relance seraient à l'étude

Wen Jiabao a mis le feu aux poudres. Le Premier ministre chinois a estimé que les conditions d’activité pourraient être «relativement difficiles» au premier trimestre. «Nous allons expérimenter des pressions à la baisse sur notre économie couplées à une inflation élevée». Et d’ajouter que l’économie chinoise «fait également face à des problèmes d’affaiblissement de la demande extérieure et de hausse des coûts pour les sociétés». A court terme, Nomura anticipe un ralentissement de la croissance à 7,5% au premier trimestre après 9,1% au dernier trimestre 2010. «Avec une décélération attendue des investissements immobiliers et des exportations, nous nous attendons à un accroissement de la faiblesse de l’activité industrielle» estime Barclays Capital.

Le site SouFun Holdings a indiqué ce matin que les prix des biens résidentiels avaient enregistré une baisse moyenne de 0,25% en décembre, avec des prix en repli dans 60 des 100 villes analysées, dont Pékin et Shanghai. Il s’agit du quatrième mois consécutif de baisse. Dans ce contexte, Wen Jiabao a indiqué que la politique monétaire serait ajustée, et Pékin a confirmé le maintien de l’objectif de construction de cinq millions de logements à bas coûts d’ici la fin de l’année.

Le South China Morning Post indique également que le salaire minimum dans la province de Shenzhen pourrait être augmenté de 14% pour la deuxième fois en 10 mois, à 1.500 yuans par mois. Le gouvernement prévoirait même de lancer en avril un vaste programme de relance de la consommation dans les secteurs de l’automobile et de l’immobilier notamment, selon le China Daily. Le vice-président du centre de recherche et de développement, Liu Shijin, estime que la Chine maintiendra une croissance de 8% à 9% sur les deux ou trois prochaines années, avant un ralentissement à 6-7% sur les vingt années suivantes.

Alors que la Banque Populaire de Chine a fixé la parité du yuan en hausse de 0,01% à 6,3001, son plus haut niveau depuis que la fin de l’arrimage au dollar en juillet 2005, les propos de Wen Jiabao ont entrainé un affaiblissement du yuan à Shanghai de 0,05%, à 6,2972 contre dollar. Plus tôt, la devise avait touché 6,293, soit son plus haut niveau depuis l’unification des marchés fin 1993. A Hong Kong, elle a dérapé de 0,04% à 6,3185, alors que les contrats à 12 mois ont chuté de 0,16% à 6,34, soit une décote de 0,7% par rapport à la cotation à Shanghai.

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