Les PME européennes se soucient d'une baisse des crédits bancaires

le 02/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon la BCE, les sociétés de moins de 250 salariés des pays périphériques se plaignent le plus d'une dégradation de l'accès au crédit

Les PME sont toujours soucieuses de leur accès au financement bancaire, selon une étude publiée par la BCE hier. Entre fin août et début octobre, les enquêteurs ont interrogés plus de 8.000 PME ayant pour la plupart moins de 250 salariés sur leur situation au cours des six mois précédents.

Interrogées sur leurs problèmes les plus pressants, les entreprises ont été 16% à déclarer qu’elles s’inquiétaient d’abord de l’accès aux sources de financement (comme lors de la dernière enquête qui couvrait la période allant de septembre 2010 à février 2011). La première préoccupation reste cependant de trouver des clients.

Même si les PME ne sont pas beaucoup plus nombreuses à déclarer avoir besoin de plus de crédits bancaires, le pourcentage net des entreprises qui ont demandé un crédit et perçu une détérioration dans la disponibilité de celui-ci est passé à 14%, contre 9% lors de la dernière enquête. Sans surprise, c’est en Grèce (42% en net), en Irlande (35%) et au Portugal (31%) que les PME sont plus nombreuses à déplorer une dégradation. Leur nombre a aussi augmenté en Italie. Les entreprises sont davantage enclines à attribuer ce problème à la mauvaise volonté des banques (en net, 20% contre 16% auparavant), même si la crise est évidemment invoquée par le plus grand nombre (en net, 30% contre 19%).

Dans l’ensemble, cette crise ne semble pas se caractériser par une augmentation des prêts refusés par les banques, même si le taux de rejet est de 10% des demandes contre 3% pour les grandes entreprises. Mais il y a un peu moins de demandes complètement satisfaites à 63% (contre 66%). Ce taux tombe en flèche en Irlande et Grèce pour atteindre 27 et 29% respectivement. Par ailleurs, les entreprises ont été plus nombreuses à se plaindre d’une augmentation de la charge d’intérêt.

L’aggravation de la situation reste à relativiser car au premier semestre 2009, les sociétés interrogées étaient 33% en net à estimer le crédit bancaire moins disponible contre 14% aujourd’hui. Mais l'enquête ne tient pas compte de la détérioration observée en novembre.

Une fois tous les deux ans, la BCE interroge aussi les PME sur leur croissance. 50% d’entre elles ont déclaré que leur chiffre d’affaires avait augmenté en trois ans. Ce chiffre a surtout été tiré par l’activité des entreprises finlandaises, allemandes, françaises et néerlandaises. Enfin, 53% croient à leur croissance d'ici deux à trois ans.

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