Berlin défend l'idée de l'administration d'une partie de la dette par des fonds spéciaux

le 02/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, propose de placer la dette dépassant 60 % du PIB dans des véhicules nationaux

A huit jours d'un sommet européen très attendu, Allemands et Français continuent de phosphorer sur les moyens à mettre en œuvre pour résoudre la crise de la dette en zone euro. Hier, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble a mis une nouvelle proposition sur la table. Celle-ci consiste à créer des fonds nationaux spéciaux chargés d'administrer une partie de la dette souveraine des Etats, en l'occurrence celle dépassant les 60% du PIB, soit la limite fixée par le Pacte européen de stabilité.

«Les fonds spéciaux nationaux devraient être financés par les ressources des Etats concernés et démantelés dans les vingt années qui viennent», a-t-il précisé. L'idée ressemble au mécanisme présenté par les «cinq sages» allemands, ces conseillers économiques du gouvernement, à la différence que les fonds étant nationaux, elle évite l'écueil de la communautarisation des dettes. Un schéma farouchement combattu par Berlin, qui a d'ailleurs réaffirmé hier son opposition aux euro-obligations.

La proposition allemande est intervenue quelques heures avant un discours de Nicolas Sarkozy à Toulon. Le chef de l'Etat a mis la relation franco-allemande au cœur du dispositif de résolution de crise. «La France et l'Allemagne ont fait le choix de la convergence. Je ne reviendrai jamais sur ce choix», a-t-il déclaré. Le président de la République a appelé la Banque centrale européenne à jouer «un rôle déterminant» mais s'est gardé d'aller au-delà, le sujet étant hautement sensible du côté de Berlin. A la BCE «de décider quand et avec quels moyens. C'est sa responsabilité. Nul ne doit douter qu'elle l'assumera», a-t-il estimé.

Nicolas Sarkozy s'est également exprimé sur la réorganisation du cadre européen. «Plus de solidarité, plus de responsabilité assumée devant les peuples par un véritable gouvernement économique, telle est notre vision de l'avenir de la zone euro et de la future réforme des traités», a-t-il déclaré, alors que la chancelière allemande Angela Merkel, doit prononcer un discours aujourd'hui devant le Bundestag, la chambre basse du Parlement. Angela Merkel se rendra ensuite lundi à l'Elysée pour discuter de propositions communes, dont, logiquement, celle évoquée plus haut, en vue du Conseil européen de la semaine prochaine.

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