La Fed et la BCE modèrent le coût du guichet en dollar pour les banques

le 01/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La reconduction, à de meilleures conditions, des opérations en place depuis octobre a suffi à donner un coup de fouet aux marchés

La nouvelle action coordonnée de six grandes banques centrales a fourni hier une bouffée d'oxygène aux marchés financiers, en particulier monétaires. L'accord prévoit la prolongation des opérations de refinancement en dollar pour les banques européennes jusqu'à février 2013, ce qui limitera le stress de la fin d'année 2012. Surtout, ces prêts à court terme se feront à présent dans ces conditions plus avantageuses.

Jusqu'ici, ce guichet, opérationnel depuis octobre dernier, n'a reçu qu'une demande réduite, en raison de son coût et de la crainte des banques de délivrer ainsi un message de faiblesse. La BCE empruntera à présent à la Fed au taux au jour le jour (OIS) en dollar assorti d'une marge de 50 points de base (pb), contre 100 pb précédemment. Par ailleurs, la marge initiale demandée aux banques par l'institut de Francfort passe de 20% à 12%.

Toutefois, ces nouvelles conditions ne se traduiront pas forcément par une demande plus importante lors de la prochaine opération du 7 décembre. Le coût de ce dispositif est toujours plus élevé que le taux Libor dollar (0,59% contre 0,52%). Par ailleurs, même si ces opérations sont menées de façon anonyme, les banques ne souhaitent pas envoyer de signaux négatifs au marché. «Si le marché est toujours très tendu au moment de la prochaine opération, les banques choisiront d'y aller», reconnaît cependant un stratégiste taux. Hier, deux banques ont demandé 352 millions de dollars lors de l'opération à 7 jours, contre une demande de 552 millions la semaine précédente.

Pour l'heure, cette nouvelle coordination entre les six grandes banques centrales permet aux marchés d'espérer. D'abord, elle efface les craintes d'un arrêt de la coopération, qui étaient relancées par les rumeurs de guerre des changes. «Elle pourrait aussi signaler une action coordonnée plus internationale pour soutenir les Etats de la zone euro en cas de stress, avec l'implication du FMI», avancent les stratégistes de Barclays Capital.

Au niveau strictement européen, le Trésor italien a lancé hier un nouveau dispositif de gestion des liquidités qui lui permet de prêter ou d'emprunter sur les marchés à un jour, à partir de son compte à la Banque d'italie. Hier matin, il a alloué 1,98 milliard d'euros pour une demande de 11,45 milliards d'euros. Puis l'après-midi, après avoir élargi ses critères, il a couvert toute la demande et alloué 3,4 milliards d'euros. Les vingt SVT y sont éligibles.

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