Londres voit s'alourdir le boulet de la dette

le 30/11/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Grande-Bretagne augmentera de 111 milliards de livres ses emprunts en cumul sur cinq ans

BESOINS D'ENDETTEMENT DU ROYAUME-UNI REVUS A LA HAUSSE

Londres remet son logiciel à jour. Les prévisions de croissance du Royaume-Uni ont été revues à la baisse de manière significative pour cette année et l’an prochain et le relèvement des émissions d'emprunts publics devrait atteindre 111 milliards de livres supplémentaires au cours des cinq prochaines années. Le chancelier de l’Echiquier George Osborne a néanmoins réitéré l’importance de la poursuite d’une politique d’austérité tout en annonçant une série de mesures destinées à soutenir l’économie britannique.

Pour la deuxième fois cette année, George Osborne a dû réviser à la baisse les chiffres de croissance du Royaume-Uni. A l’occasion de son traditionnel discours d’automne hier, le chancelier de l’Echiquier s’est appuyé sur les prévisions des économistes de l’OBR, l’organisme en charge de la surveillance budgétaire outre-Manche, pour annoncer une croissance de 0,9% cette année (contre 1,7% attendu), puis 0,7% en 2012, comparé à 2,5% lors de la présentation du budget en mars dernier. Soit une prévision toujours plus optimiste que celle anticipée par l’OCDE, qui a fixé à 0,5% seulement la croissance britannique l’an prochain. Selon l’OBR, le PIB devrait atteindre 2,1% en 2013 outre-Manche, 2,7% en 2014, puis 3% en 2015 et 2016, des perspectives jugées là encore optimistes par nombre d’économistes.

En dépit des mesures d’austérité déjà annoncées, ces nouvelles estimations ont à nouveau contraint le gouvernement britannique à relever ses projections d’emprunts publics, par un surcroît de 111 milliards de livres au cours des cinq prochaines années. La dette publique, qui devrait se situer à 67% cette année, devrait ainsi atteindre un pic de 78% du PIB en 2014-2015, mais 94% au sens de Maastricht. George Osborne a néanmoins réitéré son engagement de réduction de l’endettement public et d’élimination du déficit d’ici à la fin de la législature mais cet objectif sera désormais atteint un peu plus tard que le calendrier annoncé en mars lors de la présentation du budget.

Les analystes restent sceptiques sur la manière dont ce supplément de dette pourra être digéré par le pays. «A moins que de nouvelles mesures ne soient adoptées, la capacité des finances publiques britanniques à absorber de nouveaux chocs économiques, tout en conservant la note maximale AAA, a été en grande partie épuisée», indiquait hier Fitch.

Le niveau de déficit structurel doit passer de 4,6% du PIB cette année à un excédent structurel de 0,5% dans cinq ans, selon les prévisions. Malgré des perspectives moroses, l’OBR ne prévoit pas une récession au Royaume-Uni mais «si le reste de l’Europe tombe en récession, il sera difficile de l’éviter ici», a néanmoins souligné George Osborne.

Voulant néanmoins favoriser le soutien de la croissance à long terme, le chancelier a annoncé une série de mesures: 40 milliards de livres de prêts seront donc accordés aux PME souffrant de l’assèchement du crédit tandis que les fonds de pensions du pays seront ponctionnés à hauteur de 30 milliards pour développer des projets d’infrastructures. Les banques seront également à nouveau mises à contribution: à compter du 1er janvier 2012, la taxe sur leur passif – bank levy - sera portée à 0,088%.

Alors qu’une action de grève massive dans la fonction publique britannique est attendue aujourd’hui, le chancelier a annoncé que la hausse des salaires des fonctionnaires, actuellement gelés, serait plafonnée à 1% par an à partir de 2013.

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