Le sort de la zone euro n’est plus entre ses mains

le 27/10/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La capacité de l’EFSF serait multipliée par «quatre ou cinq», portant ainsi sa puissance de feu à environ 1.000 milliards d'euros, selon Nicolas Sarkozy

L’Allemagne a dû faire un compromis pour que les créanciers privés acceptent une décote de 50% sur les obligations d’Etat grecques et libérer 130 milliards d'euros supplémentaires de la part de la Troïka. «La soutenabilité de la dette grecque ne peut être établie qu’avec une participation substantielle du secteur privé» a indiqué Angela Merkel. La chancelière et le président français ont indiqué tôt ce matin que la capacité de l’EFSF serait multipliée par «quatre ou cinq», portant ainsi sa puissance de feu à environ 1.000 milliards d'euros, contre un encours obligataires de 2.000 pour les GIPSI (Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, Italie) selon les estimations de Natixis.

Si les détails restent encore relativement flous, des sources officielles citées par le Financial Times indiquent que 30 milliards d’euros sur la tranche supplémentaire de 130 milliards accordée à la Grèce dans le cadre de l’accord seraient affectés à une garantie apportée aux futurs swaps obligataires. Dans le cadre des accords du 21 juillet, 35 milliards devaient servir de «réhausseur de crédit» afin de garantir les obligations «AAA» qui seraient échangées contre les obligations actuelles.

L'effet de levier sera obtenu via un double mécanisme. Il s'agira d'une part d'assurer partiellement les dettes souveraines émises par des pays en difficulté et, d'autre part, de créer un nouveau «véhicule spécial» (SPV) adossé à l’EFSF ainsi qu’au FMI et auquel participeront des investisseurs internationaux, comme la Chine ou d'autres grands pays émergents. Nicolas Sarkozy doit d’ailleurs s'entretenir dès aujourd’hui au téléphone avec son homologue chinois Hu Jintao au sujet d'une possible participation de Pékin à la création de ce fonds.

À Pékin, le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Jiang Yu a déclaré hier que la Chine avait une «attitude ouverte» et allait «discuter avec les Européens des multiples manières de coopérer». «On ne connaît pas encore le montant exact de cet engagement chinois», analyse Bei Xu, économiste chez Natixis, mais la visite prévue aujourd’hui à Pékin du directeur du de l’EFSF, l’Allemand Klaus Regling, avec les autorités financières devraient permettre de le fixer. Mais Pékin pourrait bien fixer ses conditions. Le Brésil a lui écarté l'idée d'acheter de la dette européenne et insisté sur le fait que toute aide passerait par le FMI.

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