Les espoirs reposent sur une « operation Twist » de la Fed

le 13/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les marchés anticipent l’annonce le 21 septembre d’un allongement de la durée du portefeuille obligataire de la Fed pour soutenir l’économie

Les investisseurs mettent leurs espoirs sur l’annonce de nouvelles mesures de soutien lors de la prochaine réunion du FOMC les 20 et 21 septembre prochains. Deux faucons de la Réserve fédérale ont néanmoins réaffirmé leur opposition à ce type de mesures. Le président de la Fed de Dallas, Richard Fisher, a indiqué hier que la réserve fédérale avait déjà utilisé tous les outils à sa disposition pour soutenir l’économie. Le président de la Fed de Saint Louis, James Bullard, a quant à lui rappelé que «si les performances économiques décevantes justifiaient une politique monétaire agressive, le FOMC fournit déjà une telle politique».

Si les faucons restent minoritaires au sein du FOMC, les critiques contre un nouveau programme de soutien de la Fed ont gagné les rangs politiques des républicains. Rick Perry, le candidat le plus sérieux à la présidentielle de 2012, a en effet estimé que «laisser la Fed être utilisée à des fins politiques serait une trahison». D’autant que Barack Obama compte lever 400 milliards de dollars sur dix ans en plafonnant les déductions fiscales des individus et des ménages gagnant respectivement plus de 200.000 et 250.000 dollars par an afin de financer son programme de relance de 447 milliards.

De nombreux investisseurs obligataires anticipent un allongement de la durée du portefeuille obligataire de la Fed («operation Twist») destiné à faire baisser les taux à long terme, ou de les empêcher de monter, en espérant que ce mouvement se répercute sur les coûts de financement des ménages et des entreprises. D’autant que «ce type d’opération n’implique pas d’augmentation de la taille du bilan de la Fed et ne devrait donc pas être inflationniste» rappelle Gerald Lucas, banquier conseil chez Deutsche Bank.

Néanmoins, les marchés semblent déjà avoir anticipé le mouvement de la Fed et le taux dix ans est passé sous 1,9% hier. «L’annonce par la Fed de la mise en œuvre de nouvelles mesures de soutien à l’activité pourrait, comme en novembre dernier après l’officialisation du QE2, se traduire par une hausse des rendements à long terme. Les investisseurs qui avaient « parié » sur cette décision pourraient décider de prendre leurs bénéfices» estime Aurel BGC. Et Tom Simons, économiste chez Jefferies, d’estimer que «nous sommes à des seuils de plus bas psychologiques». Seul un scénario de déflation à la japonaise pourrait conduire à une poursuite de la baisse du taux dix ans.

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