L'internationalisation du yuan passe aussi par l'Afrique

le 12/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La décision du Nigeria d'investir jusqu'à 10 % de ses réserves de change en devise chinoise pourrait inspirer l'Afrique du Sud

Selon le gouverneur de la banque centrale nigériane, Mallam Sanusi Lamido Sanusi, la deuxième économie du continent africain aurait l’intention de rééquilibrer son panier de réserves de change pour faire de la place à la monnaie chinoise. Affichant ouvertement l’envie de renforcer sa coopération stratégique avec Pékin, le Nigeria prévoirait ainsi d’investir jusqu’à 10% de ses 33,5 milliards de dollars de devises, soit directement dans des obligations sur le marché interbancaire chinois, ou bien via Hong Kong et le marché du renminbi offshore.

Le premier producteur de pétrole africain envisagerait aussi de permettre à la Chine de régler sa facture énergétique dans sa propre monnaie et, selon M. Sanusi, les banques centrales des deux pays auraient engagé des discussions pour s’accorder sur des swaps de devises.

Lors d’une interview donnée à la chaîne Bloomberg à Hong Kong, M. Sanusi a pris soin de préciser qu’avoir «confiance en la Chine ne signifie pas un manque de confiance dans l’Amérique ou l’Europe». Pour autant cette décision intervient alors que la crise de la dette souveraine continue de secouer les pays occidentaux et permet à la Chine de développer un discours d’alternative.

Le 2 septembre, lors de la première Chine-Eurasie Expo, Ma Delun, le vice-gouverneur de la banque centrale chinoise encourageait ainsi les pays d’Asie centrale à «réduire leur dépendance vis-à-vis des principales monnaies mondiales» afin de réduire les risques.

La décision du Nigeria est un premier succès africain dans le minutieux processus d’internationalisation du yuan. Graig Bond, le directeur général de la filiale chinoise de la Standard Bank, la première banque d’Afrique, avait déjà attiré l’attention la semaine dernière en confiant qu’il s’employait à convaincre les gouvernements africains d’utiliser le yuan comme monnaie de réserve. Standard Bank, dont la banque chinoise ICBC figure au nombre des actionnaires avec 20% du capital, permet déjà les règlements commerciaux en yuan dans 16 pays du continent et prévoit qu’au moins 40% des échanges entre la Chine et l’Afrique s’effectueront en renminbi d’ici à 2015. Selon les propos tenus par Graig Bond en début de mois, l’Afrique du Sud pourrait être le prochain pays à inclure le yuan dans ses réserves de devises d’ici la fin 2011.

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