« L’euro et le dollar souffrent de la détérioration des finances européenne et américaine »

le 12/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Yves Maillot, directeur investissements et actions chez Robeco Gestions

La baisse de l’euro/dollar actuellement nourrie par le phénomène de fuite vers la qualité peut-elle durer ?

Yves Maillot: En évoluant dans la bande 1,40/1,45, la parité euro/dollar s’est stabilisée depuis le début de l’été. C’est la première fois depuis la faillite de Lehman que le regain d’aversion pour le risque ne se concrétise plus par un déplacement massif des capitaux vers le dollar, monnaie traditionnellement refuge. Les marchés se sont plus clairement tournés vers l’or ou le franc suisse, devise pour laquelle la BNS vient récemment d'intervenir pour pallier les conséquences négatives d’une monnaie trop forte. En fait, l’euro et le dollar souffrent de la très forte détérioration des finances européennes et américaines, et les investisseurs se déportent plus volontiers vers certaines monnaies des zones de croissance ou vers les traditionnels refuges, cités précédemment. D’ailleurs, en situation d’affaiblissement de la conjoncture, les Américains ne souhaitent pas une réappréciation du dollar.

Selon vous, la BoJ va-t-elle devoir à nouveau intervenir sur le marché des changes pour affaiblir le yen face au dollar ?

Il est difficile de jauger de l’opportunité pour elle de le faire, surtout que les fondamentaux du Japon sont faibles. Sauf à consentir à une création monétaire importante, aucune intervention de banque centrale sur le marché des changes n’a été durablement efficace par le passé. La BoJ en a d’ailleurs fait les frais à plusieurs reprises. A cet égard, la toute récente intervention de la BNS sur le franc suisse va être analysée de près. Mais sur la devise nippone, comme sur l’euro, une rapide dépréciation du yen contre dollar deviendrait vite trop gênante pour les Etats-Unis.

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