L'économie japonaise reste engluée en pleine récession

le 12/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le PIB de l’Archipel s’est finalement contracté de 0,5 % au deuxième trimestre, pénalisé par la force du yen et le ralentissement de l’économie mondiale

Le Japon s’enlise dans la récession. Le PIB de l’Archipel s’est finalement contracté de 0,5% entre avril et juin contre une première estimation de -0,3%. En rythme annualisé, la révision est encore plus sévère avec un recul de 2,1% (contre -1,3%). Seuls les investissements publics, en hausse de 4,3%, ont soutenu l’économie. La chute surprise de 0,9% des investissements des entreprises et de 4,9% des exportations a maintenu le PIB en décroissance pour le troisième trimestre consécutif. La demande intérieure n’a progressé que de 0,2%.

Les entreprises ont dû reporter leurs investissements, notamment dans les secteurs exportateurs clés de l’automobile et de l'électronique, filières touchées par la catastrophe de mars. «Compte tenu des risques pesant sur l’économie mondiale et des fluctuation sur le marché des changes et des actions, l’environnement entourant l’économie japonaise est de plus en plus sombre» reconnaît le ministre des Finances, Motohisa Furukawa. Pékin a informé le G7 de ses intentions d’intervenir sur le marché des changes pour enrayer la spéculation sur le yen. Les exportations nettes ont retiré 0,8 point à la croissance trimestrielle.

Les commandes sous-jacentes de machines ont chuté de 8,2% en juillet et le climat des affaires s’est dégradé à 47,3 en août, après 52,6 en juillet. BNP Paribas prévoit une contraction du PIB de 0,6% cette année et un rebond modeste de 1,3% en 2012.

Un troisième effort de 13.000 milliards sur cinq ans (après 6.000 milliards depuis le tsunami) est envisagé et financé par une hausse des impôts de 10.000 milliards et une baisse des dépenses de 3.000 milliards. Un programme de privatisations est en marche, comprenant Japan Post et Japan Tobacco. Si le gouvernement détient 22.000 milliards de participations, la loi ne lui permet d’en céder que 1.400 milliards.

Le FMI a alerté vendredi que le doublement de la TVA à 10% prévu à horizon 2015 ne sera pas suffisant. «Le temps des réformes se consume… En continuant sur ce rythme, sans ajustement budgétaire significatif, la dette dépassera les actifs financiers détenus par les ménages d’ici environ dix ans». Pour le moment, le service de la dette ne pose pas de problème, le taux 10 ans restant proche des 1%. «Mais si les taux venaient à augmenter sous des circonstances exceptionnelles, le niveau de la dette serait insoutenable» indique BNP Paribas. On n'en est pas encore là.

A lire aussi