Madrid relativise le dérapage budgétaire des régions au premier semestre

le 09/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les dix-sept communautés autonomes accusent déjà un déficit budgétaire cumulé de 1,2 % du PIB, alors que l'objectif a été fixé à 1,3 % pour 2011

Pas de quoi s'alarmer. C'est en substance le message qu'a voulu faire passer jeudi la ministre espagnole de l'Economie, Elena Salgado, à la lecture des chiffres du déficit budgétaire des régions au premier semestre. Il atteint en cumulé 1,2% du produit intérieur brut (PIB), à seulement 10 points de base de l'objectif fixé pour l'année entière. «Les régions se sont engagées sur leurs objectifs budgétaires», a rappelé la ministre, ajoutant que la méthodologie employée faisait que ces données n'étaient pas directement comparables avec celles utilisées dans le calcul final du déficit du secteur public.

Pour autant, le gouvernement a décidé de tenir des réunions avec les douze communautés qui affichent un déficit supérieur à 0,75%. Elles permettront de définir si besoin des mesures supplémentaires, alors que les régions ont sous leur coupe plus d'un tiers des dépenses publiques. Parmi les cancres, la communauté de la Castille-La Manche porte le bonnet d'âne avec un déficit de 4,16% du PIB, suivie par l'Estrémadure (-2,59%) et les îles Baléares (-2,11%). Ce chiffre de -1,2% «n'est pas mauvais», a confirmé Gilles Moec, économiste de Deutsche Bank. «Le deuxième trimestre est généralement le pire pour les régions espagnoles et nous connaissons déjà quelques mesures correctives pour la seconde partie de l'année», a-t-il ajouté.

Au-delà de la situation des régions, celle des Cajas continue de mobiliser toute l'attention du gouvernement. Dernier épisode en date, Novacaixagalicia (NCG) va obtenir 2,47 milliards d'euros du Fonds public de restructuration du système financier (Frob) et d'investisseurs privés pour porter son ratio de capital core tier one à 10,45%, le seuil minimum étant de 10% depuis février dernier. Selon Expansión, l'opération implique une décote comprise entre 75% et 85% de la valeur comptable de l'établissement, soit davantage que Bankia lors de son IPO. NCG, qui a déjà entrepris une cure d'amaigrissement de sa structure et engagé une réduction des actifs pondérés du risque, tentera de se redonner de l'élan en prenant le nom de NCG Banco. Mais selon El Pais, le Frob a encore du travail en perspective; il devrait se porter au secours de CatalunyaCaixa et Unnim. Elena Salgado a assuré que le Fonds disposait de moyens «plus que suffisants» pour assurer sa mission.

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