La Banque du Japon reste à l'écart de la voie choisie par la Suisse

le 08/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les stratégistes jugent peu probable que la BoJ suive la BNS en fixant un plafond au yen. Les réserves de change du pays ont grossi en août

Pour savoir ce qui l’attend, la Banque nationale de Suisse peut regarder du côté de Tokyo. Les réserves de change de l’Archipel ont bondi de 1.150 à 1.218 milliards de dollars entre fin juillet et fin août. La faute à l’intervention unilatérale de la Banque du Japon (BoJ) début août, qui a acheté pour 58 milliards de dollars de devises afin d’affaiblir le yen, poussé à la hausse par des flux spéculatifs. Le yen traitait hier autour de 77,20 pour un dollar, après avoir touché le record de 75,95 en séance le 19 août.

La Suisse, qui a fixé un plafond de 1,20 au franc face à l’euro et promis des achats illimités de devises, peut donc se préparer à une hausse massive de ses réserves de change. Mais les investisseurs s’interrogent surtout sur les effets collatéraux de cette initiative. Le Japon risque-t-il d’imiter la Suisse en établissement avec le dollar un «peg»? La BoJ s’est bornée hier à laisser en l’état sa politique monétaire, tandis que le ministre délégué aux Finances, Fumihiko Igarashi, a estimé qu’il ne fallait pas entrer dans une course avec d’autres pays pour dévaluer la devise.

«Nous n’envisageons pas que le Japon suive la Suisse en fixant un plancher au dollar/yen pour plusieurs raisons, juge pour sa part Lee Hardman, économiste chez Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ. Le marché du yen est bien plus grand et plus difficile à manipuler, le yen n’est pas aussi surévalué que le franc, et en tant que membre du G7 soutenant des régimes de change flottants, le pays s’exposerait à la réprobation internationale». Pour BNP Paribas, «les raisons d’agir sont bien plus faibles qu’en Suisse, où un franc clairement surévalué risquait d’écraser l’économie».

L’attention se porte également sur la Suède et la Norvège. «Les devises scandinaves ont surperformé lors des deux dernières séances puisqu’elles font office de valeurs refuges alternatives après la décision de la BNS», expliquent les stratégistes change de BNP Paribas. Sur le mois de septembre, l’euro perd 2,5% et 2,2% respectivement contre les couronnes norvégienne et suédoise. Comme la banque centrale de Norvège en août, la Riksbank a passé hier son tour sur la voie du resserrement monétaire en maintenant son taux directeur à 2%. Un statu quo qu’elle a cependant justifié par les perspectives moins favorables de l’économie suédoise, et non par le souci de limiter les pressions haussières sur la devise.

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