Les banques européennes rachètent leur dette subordonnée pour préparer Bâle 3

le 06/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

UniCredit vient de rappeler deux lignes conformément aux attentes des investisseurs. Les banques de second rang privilégient les échanges

Dans un environnement tourmenté pour le secteur bancaire, UniCredit a au moins rassuré la semaine dernière les investisseurs en dettes subordonnées. La banque italienne a finalement annoncé qu'elle rappellerait deux lignes d'obligations lower tier 2 (LT2) qui représentent au total 1,5 milliard d'euros. «Ces dernières semaines, les investisseurs ont commencé à douter de la capacité d’UniCredit à rappeler ses deux obligations LT2 en raison des inquiétudes actuelles sur le refinancement des banques européennes, en particulier pour celles se situant dans les pays périphériques», explique Anne-Charlotte Com, analyste crédit chez Aurel ETC Pollack. Mais, fin août, l'émission par UniCredit d'un milliard d'euros d'obligations sécurisées a apaisé ces craintes.

La première date de call des deux lignes obligataires était fixée au 20 septembre. «L’annonce d’UniCredit (…) constitue une bonne nouvelle pour le segment des LT2 car le non-exercice des calls aurait envoyé un signal négatif concernant à la fois la capacité d’UniCredit à rembourser par anticipation sa dette subordonnée et le refinancement des banques européennes», précise Anne-Charlotte Com.

Les opérateurs suivent de près les décisions des banques concernant leurs dettes subordonnées assorties de call avant 2013 car celles-ci ne seront plus considérées comme des capitaux propres, une fois la nouvelle réglementation de Bâle 3 mise en place en 2013. Les banques sont donc fortement incitées à rappeler ces titres. C'est ce que font les plus solides car, à l'émission, elles s'engageaient implicitement à exercer le call au bout de cinq ans.

Les banques de second rang quant à elles n'ont pas toujours les moyens de rappeler ces titres. Compte tenu de l'envolée des spreads sur la dette bancaire, les nouvelles émissions sont en effet très coûteuses. Par conséquent, «elles procèdent à des échanges afin de nettoyer leurs bilans dans le cadre des nouvelles normes de Bâle 3, poursuit Anne-Charlotte Com. Les titres sont remplacés par de la dette senior ou par de la dette subordonnée d'une maturité plus longue et compatible avec Bâle 3».

D'après Aurel ETC Pollack, 26 obligations, dont le call intervient en 2011, ont déjà été rappelées depuis le début de l'année, 8 ont été échangées, et 5 n'ont pas été rappelées, principalement parce que la Commission européenne interdit aux banques aidées par l'Etat de rembourser des titres par anticipation.

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