L'industrie cale en Europe et aux Etats-Unis

le 02/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les derniers indices des directeurs d'achats confirment une stagnation de l'activité

Finalement, l'indice ISM manufacturier américain n'a pas laissé craindre hier de fort ralentissement de l'activité en août. A 50,6, il reste au-dessus du seuil de 50, ce qui signale encore une expansion de l'activité, alors que le consensus voyait l'indice ISM tomber à 48,5. Les données détaillées indiquent cependant que l'industrie devrait ralentir dans les mois à venir, comme c'est déjà le cas dans la zone euro, où l'indice PMI de Markit pour ce secteur a été révisé en baisse à 49 pour le mois dernier.

Les nouvelles commandes à l'industrie américaine ont encore baissé et la production commence elle aussi à se contracter. Pour Julia Coronado, économiste chez BNP Paribas, toutes les données publiées hier suggèrent un ralentissement continu de la dynamique en matière d'emploi, d'investissement et de production. «Nous avons toujours tendance à anticiper un ISM manufacturier sous le seuil de 50 dans les mois à venir», ajoute-t-elle. Dans ce contexte, l'économie américaine se prépare davantage à une période maussade (soft patch) qu'à une rechute en récession (double dip), d'après Rob Carnell, économiste chez ING.

Dans la zone euro, le ralentissement s'annonce plus brutal. Hier, l'indice des directeurs d'achat pour l'industrie manufacturière de Markit pour août a été nettement révisé en baisse, à 49, contre 49,7 précédemment annoncé et 50,4 en juillet. C'est son plus bas niveau depuis août 2009. Le PMI manufacturier se maintient au-dessus du seuil de 50 dans trois pays seulement, l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Autriche.

Les données pour l'Allemagne, jusqu'alors locomotive de la zone euro, ne sont toutefois pas encourageantes. Son PMI manufacturier s'est établi à 50,9, une chute très marquée par rapport au pic de février dernier à 62,7. Ensuite, les nouvelles commandes à l'exportation y ont enregistré le plus fort repli de la zone euro en août. «Ce n'est pas un signal favorable pour l'ensemble de l'activité de la zone euro, analyste Philippe Waechter, directeur de la recherche économique de Natixis AM. L'impulsion en provenance de l'extérieur qui était captée par l'Allemagne sera moins importante.» Seule la composante emploi semble encore dans une réelle phase d'expansion à 56, mais, pour Nicola Mai, économiste chez JPMorgan, le «rythme relativement soutenu des embauches risque de ne pas continuer longtemps si l'indicateur PMI sur la production tombe sous la barre de 50», contre 51,7 en août.

Autant d'éléments qui confirment le net ralentissement de la croissance attendue au troisième trimestre en Europe, aggravé par les programmes d'austérité à l'œuvre dans la plupart des pays. «Le PIB n’ayant augmenté que de 0,2 % au cours du deuxième trimestre, il existe un risque croissant de retour de la récession au cours du deuxième semestre de l’année», prévient Chris Williamson, chef économiste de Markit. SG CIB par exemple anticipe une croissance de 0,1% du PIB de la zone euro au troisième trimestre. En supposant que les indices PMI pour l'industrie et les services, toujours en expansion, restent stables en septembre, le PIB stagnerait au troisième trimestre, anticipe Gilles Moëc, économiste chez Deutsche Bank. En intégrant à son modèle les mouvements du second semestre 2008, il estime que l'activité pourrait se contracter de 0,3 %.

PMI MANUFACTURIER USA EUROPE
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